2014 : CENTENAIRE DU DEBUT DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE.

PLACE DES POLONAIS DANS CE CONFLIT FRATRICIDE.

Préambule :

Nous ne prétendons pas être historien. Ce document ne doit donc pas être pris comme un essai historique.

Il doit être considéré comme un simple guide de lecture, un "fil d'Ariane" qui doit permettre au lecteur, curieux et pressé de déambuler plus facilement dans le "dédale de la Toile"  en lui proposant un choix de documents pertinents parmi la multitude, la "kyrielle" de fichiers disponibles. Notre connaissance de la langue polonaise nous a permis d'accéder à des écrits disponibles uniquement dans la langue de Sienkiewicz.

Ce document s’inspire d'abord des chapitres : « Społeczeństwo Polskie w przededniu Pierwszej Wojny Światowej », « Sprawa polska w okresie I Wojny Swiatowej », « Polskie formacje wojskowe w czasie I Wojny światowej » tirés de Historia Polski, Marian Toporek; ISBN 83-85844-87-2 ; Krakow, 1998. Le chapitre du livre de  Tomasz Schramm  "La mémoire polonaise de la première guerre mondiale" est également à la source de cet écrit.

Ce document regroupe aussi et fédère de nombreuses informations et illustrations éparpillées sur la "Toile". Les liens permettront au lecteur curieux d’approfondir ses connaissances sur les différents sujets abordés.

N'oubliez pas de mettre le son pour visionner les vidéos d'époque. Emouvantes ces images souvent accompagnées de chants en polonais. Vous y reconnaitrez peut-être un ancêtre ?

Merci à tous ces internautes et à tous les sites qui mettent à notre disposition cette multitude d’informations.

Merci au petit fils d'Antoni Balbinski pour la riche page mémorielle consacrée à son grand-père.

Merci à Krzysztof Menel et les autres internautes du  blog Pages 14-18  qui ont rassemblé et mis à la disposition de Tous une grande quantité d'informations sur ces Polonais de France et d'ailleurs durant le conflit de 14-18.

Merci à Gabriel Garçon pour la relecture minutieuse et les précisions qu'il a bien voulu apporter au texte initial.

Gabriel Garçon et Henri Dudzinski sont les porteurs de deux projets dits Lorette 2014 et La Targette 2015 visant à célébrer les soldats polonais morts pour la France durant cette guerre. Nous en parlons plus bas au paragraphe "Des milliers polonais ont combattu et ont perdu la vie sur les champs de batailles en France. La riche page Facebook, La Targette 2015 qu'ils ont créée mérite une visite détaillée.

Merci à Jacek Rewerski pour la relecture de ce document et pour nous autoriser à publier en avant-première deux chapitres de son ouvrage, Histoires Polonaises Clés pour comprendre la Pologne, en cours de publication.

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Les deux documents ci dessous fournis par Jacek, nous permettront de mieux comprendre la Pologne dans la période qui précède et qui suit immédiatement la Première Guerre Mondiale.

Clé n°8: Les partages de la Pologne

Clé n° 12 : 1918, l’indépendance difficile

Pour ceux qui le souhaitent un texte de cette évocation des Polonais durant la Première Guerre Mondiale sera prochainement disponible au format PDF.

René ZALISZ, scientifique à la retraite et Casimirien en activité.

CONFLIT FRATRICIDE ET EVENEMENT GLORIEUX POUR LE PEUPLE POLONAIS.

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La première Guerre Mondiale est la guerre entre la Triple Entente (France, Royaume-Uni et Empire de Russie) et la Triplice (contraction de la Triple Alliance entre l’Empire Allemand, Austro-Hongrois, Royaume d’Italie puis Empire Ottoman).

Mais la première Guerre Mondiale est aussi la « Guerre des Polonais ». En août 1914, lorsque la première guerre mondiale éclate, la Pologne n’existe plus en tant qu’État depuis près de 120 ans. Et pourtant, entre deux à trois millions de ressortissants polonais, seront enrôlés dans les armées d’Allemagne, d’Autriche-Hongrie, de Russie mais aussi en France. Ces Polonais vont combattre sur tous les champs de bataille. Dans certain cas même, des Polonais auront à se battre contre d’autres Polonais ; comme ce fut le cas en Champagne à l’automne 1914 ou en Artois au printemps 1915 ; mais aussi sur les anciens territoires de Pologne. Entre 300 000 et 500 000 de ses soldats polonais vont disparaître durant ce conflit fratricide.

Dans cet éphéméride, Chronique polonaise de cette guerre, sont représentés, en bleu les évènements ayant eu lieu en France, en rouge -en Russie-, en noir dans les empires allemands et austro-hongrois.

Pour Anna Dzierzgowska, actuelle professeur d'histoire au lycée Jacek-Kuroń à Varsovie, la Première Guerre Mondiale est évidemment une catastrophe pour le monde mais aussi un Evènement Glorieux vers l’indépendance de la Pologne.

Nous devons tous continuer à nous souvenir du sacrifice de nos Anciens. Le Passé est le fondement du Présent et un tremplin pour l'Avenir, et comme le disait le Général Piłsudski - voir ci-dessus - « Qui ne respecte pas et n'apprécie pas la valeur du passé, n'est pas digne du temps présent et ne peut pas prétendre à l'avenir."

Petit rappel historique préliminaire.

Depuis l’échec de l’insurrection de Kosciusko en 1794 et le troisième Partage de la Pologne en 1795, l’état polonais n’existe plus en tant que tel en 1914. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, les parties occidentale et septentrionale de la Pologne se retrouvent absorbées au sein de l’Empire Allemand. Le sud de la Pologne avec la Galicie est inclus dans l’Empire Austro-hongrois. L’est et le centre de l’ancienne Pologne avec Varsovie sont sous domination de l’Empire Russe…

Pour en savoir plus sur les partages de la Pologne, lire le chapitre 8 de l’ouvrage de Jacek Rewerski disponible sous ce lien sous ce lien.

                      En rouge les frontières actuelles de la Pologne

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1914, LES POLONAIS SONT DISPERSES GEOGRAPHIQUEMENT ET POLITIQUEMENT.

Entre 1870 et 1914, près de 4.500.000 Polonais quittent les anciens territoires polonais et vont émigrer. 2.600.000 partent en direction des Etats-Unis le reste s’installera en France, Belgique et Royaume-Uni principalement mais aussi en Australie et en Amérique du Sud.

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Statistiques de la population polonaise tirées de La Revue de Pologne (mars 1915)

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En 1914, les forces politiques polonaises sont donc « géographiquement mais aussi politiquement dispersées ». On peut classer ces forces politiques en trois catégories, dont les deux principales : Les partis et organisations qui ne voyaient le salut de la Pologne que dans La Triple Entente Russo-Occidentale, ceux qui ne l’envisageaient que par la Triplice, Triple Alliance entre les Empire allemand et Austro-Hongrois

Même divisés politiquement et dispersés géographiquement dans le monde entier, les Polonais vont prendre position, agir et s’impliquer militairement sur le terrain des hostilités partout en Europe.

Nous vous conseillons de consulter le très riche site de "Koło Kombatantów przy Akademii Górniczo - Hutniczej" qui analyse en dix pages WEB la Première Guerre Mondiale vue du côté polonais.

AOUT 1914, CREATION DES LEGIONS POLONAISES QUI COMBATTRONT AUX COTES DU KAISER ET DE L'EMPEREUR D'AUTRICHE CONTRE LES TROUPES DU TSAR.

Le 6 août 1914, à Cracovie alors sous occupation de l’Empire Austro-Hongrois, Josef Pilsudski crée la Première « Kompania Kadrowa Strzelcow» : quelques centaines de chasseurs et membres d'associations de tireurs polonais.2520 wymarsz 1 kompanii kadrowej 1 1346353096

 Cette formation de « mercenaires », « Kompania Kadrowa », donnera naissance aux Légions Polonaises (Legiony Polskie). Elles ont été créées grâce aux efforts conjoints du Comité National Polonais (Polski Komitet Narodowy) et des députés polonais du Parlement autrichien. Ces unités devinrent une formation indépendante au sein de l'armée Austro-hongroise.

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On reconnait Pilsudski, assis deuxième en partant de gauche

A l'origine, les Légions Polonaises étaient composées de deux formations : la Légion de l'Ouest et celle de l'Est. Après la victoire russe dans la Bataille de Galicie (bataille de Lemberg - Lwów ) en août et septembre 1914, la Légion Polonaise Orientale refusa de combattre contre les Russes et fut dissoute le 21 septembre 1914. Le 19 décembre, la Légion Occidentale, toujours sous autorité austro-hongroise fut divisée en trois brigades sous le commandement de Józef Piłsudski, de Zygmunt Zielinski et de Józef Haller de Hallenburg.

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Cliquez sur la photo ci-dessus pour visionner un diaporama de cette première Légion agrémenté de son hymne.

La bataille de Kostiuchnówką  (4 au 6 juillet 1916) est probalement la plus grande bataille de ces Légions polonaises. La moitié des effectifs du V° régiment d'infanterie des Légions Polonaises y a perdu la vie.

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Suite à la signature de l'Acte du 5 novembre 1916 entre le Kaiser Guillaume II et l’Empereur François–Joseph qui proclamait la création d'un Royaume « fantoche » de Pologne, une partie de ces légions portera le nom de Polski Korpus Posiłkowy et restera sous commandement austro-hongrois, une autre partie sera transférée sous commandement de l’Empire allemand et portera le nom de Polska Siła Zbrojna (Polnische Wehrmacht).

Pour ceux qui lisent le polonais voir tous les détails et campagnes de ces légions polonaises sur le riche site de "Koło Kombatantów przy Akademii Górniczo - Hutnicze".

En 1914, un grand nombre de Polonais, vivant dans les territoires occupés, seront enrôlés dans les unités allemandes ou autrichiennes. Après l’armistice de 1918, beaucoup de survivants ou de prisonniers rejoindront l’armée polonaise… Voir plus bas le paragraphe Tranches de Vies polonaises en France.

AOUT 1914, MOBILISATION DES « POLONAIS » DE RUSSIE. CREATION DE LA LEGION DE PULAWY QUI LUTTERA CONTRE LES EMPIRES ALLEMAND ET AUSTRO-HONGROIS

Du côté russe, en août 1914 l’effort militaire des Polonais se cristallise autour de l'initiative du Grand-duc Nicolas Nikolaïevitch de Russie qui crée La 1ère Légion encore appelée Legion Puławski du nom de la ville au sud de Varsovie où elle a été créée.

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Nikolaï Nikolaïevitch Romanov qui souhaitait une réunification de la Pologne sous le sceptre russe voulait surtout rallier les Polonais des territoires autrichiens et allemands pour combattre aux côtés du Tsar contre les troupes du Kaiser et de l'empereur d'Autriche.

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Józef Dowbor-Muśnicki, au centre, avec des officiers du 1° Korpus Polski en Russie.

Sur les fronts de l’Est de l’Europe les légions Pulawskie vont subir de lourdes pertes dans la dizaine de batailles contre les armées allemandes et austro-hongroises. Moins de 10 % des effectifs seront valides au terme de cette première année meurtrière. Les légions seront dissoutes en octobre 1915. Ses survivants rejoindront le Korpus Polski.

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 Voir sur le site du Musée de l'armée à Varsovie une chronologie des faits marquants et des batailles où ont pris part les soldats polonais dans l'Armée Russe..

Pulawski

Uniformes des Legiony Pulawski. Célebrations du 11 novembre 2012 à Varsovie

Video des Légion Pulawski lors du 11 novembre 2012 à Varsovie.

Pour ceux qui lisent le polonais voir tous les détails et campagnes de ces légions Pulawskie sur le riche site de "Koło Kombatantów przy Akademii Górniczo - Hutnicze"

 

QUE FONT LES POLONAIS EN FRANCE ?

Petit rappel sur l’immigration polonaise en France : La France est, depuis toujours, une terre d’accueil pour les Polonais. Mais c’est surtout après les trois partages de la Pologne en 1772, 1793 et 1795 que l’émigration va s’amplifier.

Au début du XIXe siècle, ce sera d’abord une émigration militaire durant l’épopée napoléonienne. En 1797, les légions polonaises sont créées au sein de l’armée française. Quelque 6000 volontaires polonais arrivent de toute l’Europe pour s’engager dans ce qui deviendra un véritable substitut de l’armée nationale polonaise dirigée par le général Dąbrowski.

À partir de 1830 on parle de la Grande Emigration politique de l’intelligentsia polonaise vers Paris, avec les Chopin, Mickiewicz, Norwid, Czartorycki, … La capitale française deviendra le haut lieu du combat de la Polonité et de l’activisme diplomatique et politique. Les Polonais en exil à Paris, une dizaine de milliers au milieu du XIX° siècle, vont mettre en place un important réseau d’institutions: L’hôtel Lambert sur l’île Saint-Louis, la société historique et littéraire polonaise et sa bibliothèque polonaise en 1832 et la librairie Polonaise. L’activité religieuse est intense et une mission catholique polonaise est créée dès 1844 avec l’œuvre de Saint Casimir qui s’occupe à partir de 1844 des polonais indigents. L’école des Batignolles, à partir de 1842, va conduire au baccalauréat de nombreuses générations de jeunes Franco-Polonais issus de cette émigration. De nombreuses associations culturelles ou sportives vont se créer comme les Sokols. Fin du XIX° quelques milliers de Polonais viendront travailler comme ouvriers agricoles un peu partout en France. 

À partir de 1880, La politique de russification menée dans l’Empire russe, qui englobe une grande partie de l’ancienne Pologne, pousse à l’exil les populations juives de plus en plus soumises à la violence des pogroms. À la veille de la Première Guerre mondiale, quelques 20 000 juifs de l’Est (russes, polonais, tchèques, roumains) supplémentaires s’installeront en France. En 1914, on estime à 30 000, les juifs russes et environ 10 000, les juifs polonais vivant dans la région parisienne.

Entre 1909 et 1914, environ deux à quatre mille polonais arrivent de Westphalie et six à sept cent sont ouvriers dans les mines du nord de la France. Dans un article d'avril 1914, le journal "le Temps" détaille les coutumes de cette colonie polonaise dans le nord de la France et parle d'une communauté de 4000 personnes. Avec 1400 polonais sur les 4500 habitants, Lallaing entre Douai et Saint Amand est le plus grand regroupement de polonais à l'époque. Voir en bas de page de cet article intéressant : "une colonie polonaise en France".

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Note : En 1914, une partie de la population française, ne connaissant pas la situation géopolitique de la Pologne - l’Etat polonais n’existait plus- ne comprenait pas pourquoi autant de Polonais combattaient dans les rangs allemands et austro-hongrois. Devant l’animosité et la xénophobie qui naissaient à l’égard de ces polonais de France souvent assimilés « aux boches », et parfois pris pour des espions allemands, les autorités françaises et la direction de mines décidèrent de déplacer plusieurs centaines de ces mineurs vers les mines de la Loire et du Midi : Saint Etienne, Nîmes et Ales. Roche-la-Molière, fut un de ces villages où les mineurs polonais de l'époque furent rassemblés pour échapper à la vindicte du racisme et de la xénophobie. Oui ! à l'époque, ces "gros mots" étaient d'actualité !

AOUT 1914, MOBILISATION DES POLONAIS DE FRANCE AU SEIN DE L’ARMEE FRANÇAISE

Avant de parler de « l’Armée Bleue du General Haller » (Błękitna Armia) qui naitra officiellement en juin 1917, attardons nous sur ces Polonais de France qui se sont mobilisés et ont rejoint l’armée française et la Légion étrangère dès le mois d’août 1914.

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Bajończycy, Ruelczycy et les autres...

Le déclenchement de la guerre en 1914 fait naître chez les Polonais de France l'espoir d'une renaissance de la Pologne. Le Comité des Volontaires Polonais pour le Service dans l'Armée Française (Komitet Ochotników Polskich dla Służby w Armii Francuskiej) appelé le Comité des Volontaires Polonais (KWP- Komitet Wolontariuszów Polskich) est créé le 31 juillet 1914. Le recrutement des volontaires debute le 21 août 1914. Des centaines d'émigrés polonais, pour la plupart ouvriers mineurs, ouvriers agricoles, commerçants ou intellectuels installés à Paris vont se rendre dans les centres de recrutement.

Pour ces patriotes polonais, vivant ou en villégiature en France, tout commencera au 10, rue Notre Dame de Lorette à Paris. Pour beaucoup d’entre eux, la vie se terminera près de Notre Dame de Lorette, dans le Pas de Calais, aux Ouvrages Blancs, au lieu-dit la Targette à Neuville Saint Vaast le 9 mai 1915 et 16 juin 1915 à Souchez. Etrange destin de ces volontaires polonais! Dont le parcours militaire peut se résumer à cette phrase : "De Lorette à Lorette !"

Dans un livre à paraitre sur le sujet, Gabriel Garçon signale que des bureaux de recrutements pour les Polonais s’ouvrent un peu partout en France. A l’automne 1914, près de deux mille volontaires polonais seront enrôlés dans la légion étrangère. Ainsi, Paris fournit 500 volontaires, Abbeville et Douai – 300, Marseille – 100… Gaby nous attendons avec impatience la sortie de ton ouvrage.

L'histoire de ces Basco-polonais a été briévement racontée dans les lignes ci-dessous extraites du chapitre 2 du livre de Jean Anglade "Coeur étranger". Il raconte l'histoire de Karl Wasielewski, un polonais de Waziers, devenu un "bayonnais" sous le nom de Charles Olharan.

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Afin de ne pas deplaire à son allié russe, la France ne va pas autoriser la levée d'une armée polonaise sur le sol français. Ces Polonais seront donc des engagés volontaires pour la durée de la guerre (EVDG) dans la Légion étrangère pour combattre contre les Empires allemand et austro-hongrois. Ils reçoivent au préalable une instruction militaire; un contingent à la caserne Reuil et un autre à Bayonne d’où leur nom « les bayonnais » "Bajończycy". Comme on peut le voir sur le tableau de Jan Styka ci-dessous, à l'automne 1914, les soldats polonais portent l’uniforme français :  le pantalon rouge garance, modèle 1887, qui fait d'eux des cibles idéales pour la mitraille allemande. Puis la tenue sera bleue.

Ces volontaires polonais de France sont ensuite intégrés dans les 2° et 3° Régiments de marche du 1er Régiment Etranger. Ils vont monter au front dès novembre 1914 en Champagne et en Picardie, puis en Artois au printemps 1915.

Voici deux pages internet en polonais pour en savoir plus sur ces "Bajończycy" et aussi "Legion Bajończyków".

L'histoire de ces Bayonnais a été étudiée et présentée dans deux articles récents en polonais : en 2006 et en pages 24-26 de ce bulletin paru en 2008.

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                     Rêve du soldat polonais : combattre pour la France et voir renaitre la Pologne. Tableau de Jan Styka, exposé au musée de Lublin.

Max Doumic est un architecte parisien, lieutenant de réserve de 52 ans. Engagé volontaire en juillet 1914 il rejoint le 1er régiment étranger où Il formera la compagnie de soldats polonais "les Bayonnais". Il a rapidement gagné la sympathie de ses subordonnés polonais. Il est probablement le premier officier "Bayonnais" à mourrir au combat le 11 novembre 1914.

Bayonnais

Lieutenant Max Doumic (cerclé) avec les jeunes recrues polonaises à Bayonne en septembre 1914.

Lire le récit de la mort de Max Doumic dans l'historique du Régiment. Henry Bordeaux raconte son histoire dans les "les trois tombes".

Durant la campagne de Champagne en octobre et novembre 1914, en plus de la mission de combattants, les soldats polonais enrôlés dans la Légion Etrangère française avaient aussi une mission de "propagande". Pendant les periodes de "calme" entre deux charges à la baillonette, la nuit, souvent equipés d'un porte-voix, ils haranguaient en langue polonaise leurs compatriotes dans les lignes ennemis afin de les convaincre d'abandonner la Triple Alliance et rejoindre les unités françaises. On appelait ces transfuges des prisonniers "volontaires" formule moins péjorative que traitres ou deserteurs. Un certain nombre d'entre eux rejoindra l'armée polonaise de France à partir de 1917 -voir plus bas l'Armée Bleue-. Cet épisode remarquable est raconté dans le Journal de Marche et Opérations (JMO) du 50 Régiment d'Infanterie en pages 6 et 7. Cliquer sur l'image ci-dessous pour atteindre ce document d'époque.

Deserteurs polonais

Après la première bataille de la Marne à l'automne 1914 et la campagne d’Artois du printemps 1915, il ne reste que quelques dizaines de bayonnais valides qui rejoindront d'autres régiments français. Certains comme Marian Himner rejoindront l’école des pilotes de Pau (voir plus bas).

Au terme du conflit, le drapeau de la légion des Bayonnais ira en Pologne. Il est exposé au musée militaire de Varsovie. Le régiment des Bayonnais a été décoré entre autres de la Croix de Guerre avec Palme (France) et de la Virtuti Militari (Pologne).

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... Batiniolczycy (les Batignollais).

Pour être complet dans cette évocation des polonais durant la première guerre mondiale, il convient d’évoquer tous ces fils et petit-fils d’émigrés polonais en France qui ont opté pour la nationalité française avant le début du conflit. En conséquence, ces franco-polonais ont servi dans l’armée française.

Par analogie avec les Bayonnais (Bajonczycy), dans son ouvrage en préparation sur ces Polonais de 14-18, notre ami Gabriel Garçon reprend le terme de Batiniolczycy pour qualifier tous ces Français – Polonais de souche. Ce nom fait référence à l’école polonaise des Batignolles créée en 1842 où beaucoup de ces jeunes ont suivi leur scolarité.

On trouve de nombreuses traces écrites de ces Batiniolczycy et autres Polonais dans le Bulletin Polonais. Cette revue en français éditée par l’Association des anciens élèves de l'École polonaise des Batignolles (Paris) a été publiée entre 1888 et 1922.

Ainsi, des listes de soldats avec leur affectation ont été régulièrement publiées dans les colonnes de cette revue ; comme ci-dessous cette liste d’une trentaine de soldats avec leur affectation publiée dans le numéro de mars 1915.

Liste 1

On trouve aussi dans ce Bulletin Polonais, de nombreuses informations sur les parcours de ces soldats polonais. Ainsi on apprend dans le numéro de juillet 1917 que les frères Ladislas et Stanislas Lewenhard ont été distingués pour leur bravoure.

Liste 2 citations

Parfois, comme on peut l’imaginer en lisant les deux extraits ci-dessus et ci-dessous, sans le savoir, des Bajonczycy et des Batiniolczycy ont combattu côte à côte. Ainsi le 8 mai 1915, l’Aspirant Stanislas Lewenhard, un Batiniloczyk, artilleur au 59° régiment d’Artillerie, pilonnait les Ouvrages Blancs alors que les Bayonnais de la compagnie C du 2° Régiment de Marche du 1° Etranger, postés à Neuville saint Vaast, se préparaient à l’assaut de ces Ouvrages Blancs le jour suivant.

Des pages entières de cette revue sont aussi dédiées à la rubrique nécrologique pour annoncer la disparition de ces Polonais morts pour la France. Comme ci-dessous dans le numéro d’octobre 1915.

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Liste 4 necrologie suite

Cliquer sur l’image ci-dessus pour accéder au texte.

Le Bulletin Polonais est aujourd’hui disponible en ligne à la Bibliothèque Nationale de France. Cliquer sur l’image ci-dessous pour accéder à la version numérique de cette Revue disponible gratuitement et en libre accès.

Liste 5 bulletin

Cliquer sur l’image ci-dessus pour accéder à la revue.

Nous vous recommandons de feuilleter cette revue intéressante où vous pourrez suivre le « déroulé » de cette Guerre à travers le prisme des Polonais de France. A titre d’exemple, lisez le verbatim de la conférence donnée à Lausanne en janvier 1915 par Henryk Sienkiewicz (69 ans) exhortant les nations civilisées à venir en aide aux populations polonaises obligées de vivre sur la ligne du Front de l’Est. On oublie souvent qu’à l’Est, là-bas, très loin, aux confins de la Pologne et de la Russie, 7 millions de soldats russes, autrichiens et allemands se battaient aussi sur un front de près de 1000 kilomètres. Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, cette ligne de front traversait les terres polonaises du nord est au sud ouest, obligeant des centaines de milliers de Polonais à l’exode, la misère et la famine…Sienkiewicz compare la vie de ces Polonais à celles des belges et des populations du nord de la France durant la même période...

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Les Juifs polonais et russes de France.

Parallèlement à la mobilisation des polonais catholiques, le recrutement va aussi s’organiser au sein de la communauté juive de Paris dès le début du mois d’août 1914. Sur les 8500 juifs étrangers qui se présentent dans les bureaux de recrutement, 3400 seront enrôlés dans la légion étrangère. Combien sont d’origine polonaise : quelques centaines certainement, probablement plus. Ces juifs étrangers incorporés dans la Légion étrangère participent dès l’automne 1914 aux principales batailles de la Marne, de la Somme et de l’Artois. Des centaines y trouvent la mort.

Deux liens pour en savoir plus sur les contributions de la communauté juive de France durant ce conflit. Les Juifs dans la Grande Guerre et Juifs russes pendant la Grande Guerre.

Des centaines de Polonais ont combattu et ont perdu la vie sur les champs de batailles en France

Moins connus que les Canadiens, les soldats Polonais ont aussi « leur bataille d’Artois » dans cette première guerre mondiale. Après les combats en Champagne (novembre 1914) et dans l’Aisne (janvier 1915), les Bayonnais sont envoyés en avril 1915 au nord-ouest d'Arras dans le secteur de Neuville Saint Vaast. La quasi-totalité des « Bayonnais » disparut pendant l’offensive d’Artois au printemps 1915 (9 mai et 16 juin).

Morts guerre 14 18

Le 9 mai 1915 à Neuville Saint-Vaast, les « Bayonnais » font partie de la première vague de légionnaires partis à 10 heures précises à la charge des Ouvrages Blancs. A 11heures tous les officiers, sauf un, du bataillon C dit des Bayonnais sont tués ou blessés ! Malgré tout, les Bayonnais vont enfoncer les lignes allemandes sur presque 3 kilomètres et atteindre, dans la soirée, la côte 140 de Vimy. Sans les renforts attendus, les Bayonnais seront obligés de battre en retraite. Il faudra attendre 1917, pour que cette côte 140 soit de nouveau reprise de façon définitive par les Canadiens. Comme on peut le lire dans le Journal de Marche et Opérations (JMO) du 2° régiment de marche du premier Régiment Etranger, les pertes en hommes en cette journée du 9 mai 1915 sont énormes : 50 de 75 officiers et 1889 des 3800 hommes de rang ! Dans le bataillon C, dit des « Bayonnais », tous les officiers sont tués ou blessés (18/18) en ce 9 mai 1915.

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Faire clic droit pour agrandir l'image.

Pour leur efficacité et leur entrain le 9 mai 1915 devant La Targette et Neuville Saint Vaast, le Général Joffre cite à l’ordre des Armées les 70°, 77° divisions et la Division Marocaine à laquelle Le 2° Régiment de Marche et le Bataillon des Bayonnais appartiennent.

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Extrait du JMO du 3° Régiment de Marche de la Légion Etrangère, page 43

Le 2° régiment de marche du 1° Régiment Etranger, renforcé par des réserves arrivées du dépot de Lyon, avec probablement quelques resortissants Polonais sera de nouveau engagé dans la bataille de Souchez les 16-17 juin 1915. Une nouvelle fois, les pertes sont très importantes : Un tiers des officiers et 25% des hommes de rang seront mis hors combat.

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Combien y avait-il de Polonais-Bayonnais dans cette bataille d'Artois du printemps 1915? Combien y ont perdu la vie? Combien sont-ils les survivants Polonais, les « Bayonnais » au terme de ces deux mois de combat au nord-ouest d’Arras ? Il n’y a pas consensus sur les chiffres qui varient selon les sources. On parle de quelques survivants à une cinquantaine, voire plus.

Que penser de tous ces chiffres ? Quelle est leur exactitude, leur robustesse, ...?

Une explication sur les chiffres s'impose. Voir sous ce lien.

En mémoire du sacrifice de ces "Bajończycy", en 1929, le 1er régiment polonais de chasseurs à pied changea de nom  pour devenir le "43° régiment d'infanterie de la légion des Bayonnais". 

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                Moins connu que le monument canadien de Vimy, un monument est érigé à Neuville Saint Vaast en mémoire des soldats polonais tombés au printemps 1915 dans ces combats.

Pour ceux qui le souhaitent, les batailles de mai et juin 1915 au nord-ouest d’Arras sont décrites avec détails dans le Journal de Marche et Opérations du 2° régiment de marche du premier Régiment Etranger aux pages 27 à 53.

Voir aussi un article sur les "Bayonnais" paru en 2008 dans l’Echo du Pas de Calais

En mars 1935, le quotidien polonais, Orędownik , fait le récit du martyr de ces Bayonnais. " "Tragedja 300 Bajończyków". Cet article est intéressant car il est un des premiers article publié en Pologne après la fin de la guerre. Ce récit repose sur les informations tirées du Carnet de Guerre écrit par Marjan Himner, un archéologue du musée du Louvres, bayonnais-polonais de la première heure, mort en 1916. Voir sa biographie plus bas.

Nota bene : Projet Lorette 2014 : C'est grâce aux interventions de notre camarade Casimirien Gabriel Garçon, président du Rayonnement Culturel Polonais et de Henri Dudzinski -que nous connaissons tous-, journaliste à la Voix du Nord, Consul honoraire de Pologne à Lille et Président de la Fédération de la Mémoire militaire polonaise en France que les noms des Polonais morts en Artois durant ce conflit figureront sur le nouveau mémorial de Lorette qui a été inauguré le 11 novembre 2014 . Projet La Targette 2015 : Une souscription est lancée pour l'acquisition de terrains autour du monument polonais existant.  A l'instar de ce qui s'est fait pour le monument Canadien de Vimy ces terrains seront restitués à l'état polonais. En souscrivant quelques €uros, chacun d'entre nous pourra contribuer à ce qu'il se crée en France un petit "coin de Pologne".  Gabriel Garçon et Henri Dudzinski  préparent aussi un ouvrage et un film sur ces Bajończycy. Il sera disponible pour les célébrations du centenaire de la Bataille d'Artois de mai 1915. Nous en reparlerons...

Voyez ci dessous le petit film qu'ils ont réalisé avec l'inauguration du monument de Neuville Saint Vaast le 23 mai 1933.

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Cliquer sur l'image ci dessus pour visionner ce film.

« L’ARMEE BLEUE DU GENERAL HALLER » (Błękitna Armia). Une Armée Polonaise en France.

Mais parce que la France ne voulait pas déplaire à son alliée russe, les démarches entreprises par les patriotes polonais en France pour obtenir une reconnaissance de la spécificité polonaise n'aboutirent qu'après la chute du tsarisme en février 1917. C'est par un arrêté présidentiel du 4 juin 1917, qu'une armée polonaise a été officiellement créée en France. La brigade est sous l'autorité française, l'organisation et le règlement sont français, mais les ordres sont donnés en polonais. Le nom d'Armée Bleue vient du fait que ces soldats portaient l'uniforme bleu horizon de l'armée française avec la casquette carrée typiquement polonaise, la "czapka".

Creation

Un camp militaire de la Mission militaire franco-polonaise s’installe à Sillé le Guillaume dans la Sarthe en 1917. Il comptera jusqu'à 9000 hommes pour la majorité des soldats polonais prisonniers et déserteurs ayant servi dans l'armée allemande ou austro-hongroise. Lire les chroniques polonaises 1917-1919, sur  le site de la Polonia-Sarthe pour tout apprendre sur ces polonais dans la Sarthe. Consultez aussi la riche galerie de photos que propose l’ECPAD sur le sujet. Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous les soldats portent l'uniforme français bleu horizon, mais la "czapka" carrée est typiquement polonaise.

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Camp des troupes polonaises de Sillé le Guillaume Sarthe. Distribution du courrier (ECPAD)

Dans les deux premières minutes du film d'époque, ci dessous, on voit le général Archinard passer en revue les soldats de l'Armée Polonaise en France à Sillé le Guillaume en octobre 1917. Il remettra des décorations et le drapeau des "Bayonnais".

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En janvier 1918 a été constitué le 1er Régiment de chasseurs polonais, grossi par l'arrivée de volontaires polonais venus des Etats-Unis, et l'enrôlement de prisonniers de guerre allemands ou austro-hongrois d'origine polonaise. Durant la guerre des tranchées de 1914 et 1915, en plus de la mission de combattants, les soldats polonais enrôlés dans la Légion Etrangère française avaient aussi une mission de "propagande". Pendant les periodes de "calme" entre deux charges à la baillonette, souvent equipés d'un porte-voix, ils haranguaient en langue polonaise leurs compatriotes dans les lignes ennemis afin de les convaincre d'abandonner la Triple Alliance et rejoindre les unités françaises. On appelait ces milliers de transfuges des prisonniers "volontaires" formule moins péjorative que traitres ou deserteurs. Ils rejoindront l'armée polonaise de France. Cet épisode remarquable est raconté dans le JMO du 50 Régiment d'Infanterie en pages 6 et 7.

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Affiche pour le recrutement de soldats d’origine polonaise aux Etats Unis

Le 27 février 1918, le 1er régiment de chasseurs polonais est venu s'installer au Camp de Mailly dans l'Aube, où il fut passé en revue par le général Franchet D'esperey avant d'être affecté à la 163ème Division d'infanterie, au sein de la IV° Armée commandée par le général Gouraud. Le 22 juin 1918, le président de la République, Raymond Poincaré, a remis leurs drapeaux nationaux aux unités polonaises au Camp de Mailly. On retrouvera dans les rangs de l'Armée Bleue quelques-uns des Bayonnais survivants comme par exemple le lieutenant Sobanski, un Bayonnais de la première heure. Il est le porte-drapeau le 22 juin 1918, lorsque le président Raymond Poincaré accroche la Croix de Guerre sur le drapeau des Bayonnais (photo ci-dessous). Cette cérémonie est racontée en détail, dans le livre "The Polish colours on the French front".

Drapeau

Le président Raymond Poincaré décore le drapeau des Bayonnais (Bajończycy) de la Croix de Guerre avec Palme le 22 juin 1918 à Brienne en Champagne.

Ecouter le Discours de Roman Dmowski en juillet 1918 sur la création de l'Armée Polonaise en France

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14 juillet 1918, l'Armée Bleue, (Błękitna Armia) défile sur la place de la Concorde à Paris (dziejz.pl) voir aussi la vidéo ci-dessous.

Film

Devant l'afflux de nouveaux volontaires, en particulier américains (Voir la revue "Le Miroir" du 2 juin 1918), furent créées les 1ère et 2ème Divisions d'infanterie polonaises qui formèrent le noyau de l'Armée polonaise en France.

L'Armée polonaise en France, « l’Armée Bleue », sera engagée en Champagne en septembre 1918, puis dans les Vosges et en Lorraine.

Auberive

Carré des soldats polonais au cimetière d'Auberive (Marne)

Cliquer sur l'image ci-dessous pour voir la visite du Général Rydz-Smigly au cimetière des bayonnais à Auberive en 1936.

Auberive

Liens supplémentaires :

Voir sur le site CHEMINS DE MEMOIRE du Ministère de la Defense, l'article Les Polonais en France, 1914-1918.

En juillet 2014 RFI présente un interessant radio reportage de 20 minutes sur L'Armée Bleue, les Polonais dans la Première Guerre Mondiale.

L'hébdomadaire Image de la Guerre publie en décembre 1917 un numéro entièremment consacré (19 pages) à l'Armée Bleue.

Galérie de photos de  L’ARMEE BLEUE DU GENERAL HALLER  (Błękitna Armia)

Texte en français, photos et videos  L’ARMEE BLEUE DU GENERAL HALLER » (Błękitna Armia)

Site américain sur l'Armée bleue du générale Haller.

Pour ceux qui lisent le polonais voir tous les détails de cette "Armia Polska we Francji" sur le site de "Koło Kombatantów przy Akademii Górniczo - Hutnicze".

Qui est le général Józef Haller ?

General jozef haller pwo11 v

 

 

 

 Józef Haller (1873-1960) est formé à l’Académie Militaire de Vienne et sert dans l’armée austro-hongroise. Entre novembre 1914 et février 1918 il rejoint les Légions de Piłsudski. Le 18 février 1918 il décide de déserter l’armée austro-hongroise et rejoint avec ses soldats les formations polonaises au sein de l’armée du Tsar. Après la féroce bataille de Kaniów qui l’oppose aux forces allemandes le 10 mai 1918, son corps d'armée est défait et interné. Blessé et porté pour mort, le général Haller parvient à s'échapper jusqu'à Moscou. Après des tribulations par Mourmansk, la Carélie et l’Europe du nord il arrive en France en juillet 1918. Le 4 octobre 1918, le Komitet Narodowy Polski confie au général Haller le commandement de « l’Armée Bleue ».

Il rentrera en Pologne en avril 1919 à la tête de "l'Armée Bleue". Voir le film du défilé à Paris après le retour du front de Lorraine et avant le départ pour Varsovie.

Film

GUERRE 14-18. TRANCHES DE VIES POLONAISES EN FRANCE.Un bayonnais, russe/polonais en France...

JAN GARBOWSKI est né à Kostronicze le 25 avril 1888. Après un baccalauréat obtenu à Varsovie en 1906, il entre à la faculté de médecine de Paris. En 1919 il obtient le titre de docteur en médecine.

Le 23 août 1914 Garbowski s’engage dans la Légion Etrangère. Il est affecté à la 2° Compagnie du bataillon C du 2° RM/1 RE (les "Bayonnais") où il sert comme médecin-auxiliaire avec le grade de médecin aide-major de 2° classe, au titre étranger. 

Il sera décoré de la « Virtuti Militari » pour l'aide aux soldats de son régiment sur le champ de bataille durant la guerre 14-18.

En août 1919, revenu en Pologne, il  est affecté au 42° régiment d’infanterie. Il sera promu au grade de commandant. En 1921, il est nommé commandant de l'hôpital de campagne n° 601, puis il travaille à l’Etat-Major et le département sanitaire du Ministère des Affaires Militaires (MSWojsk.). En 1926 il est nommé professeur à l’école d’officiers sanitaires.

Mobilisé en 1939 il est affecté à l'hôpital militaire de Brest (Brześć nad Bugiem). Il a été fait prisonnier par les Soviétiques et emprisonné dans le camp de Starobielsk. En 1940, le colonel-médecin Jan Garbowski a été assassiné par le NKVD (police politique soviétique) à Kharkov avec 3739 autres officiers de l’armée polonaise. Il sera enterré dans les fosses communes à Piatikhatki (4302 prisonniers polonais - officiers et civils). Tout le monde connait le massacre de Katyn mais il y a eu d'autres exactions de l' Armée Rouge. En voici une autre, la tuerie de Kharkov en 1940 !

Ses décorations: Virtuti Militari 5 cl. n° 1613, Légion d'Honneur, Krzyż Niepodległości (Croix de l'indépendance), Krzyż Walecznych, Złoty Krzyż Zasługi (Croix du Mérite d'Or), médailles commémoratives. 

Merci à Krzysztof Menel (Krzymen) pour toutes ces informations.

Garbowski

Władysław Szujski (Szuyski) mort pour la France le 29/11/1914 ou peut être le 11/12/1914

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Śmierć Władysława Szujskiego w bitwie pod Sillery. Mort de Władysław Szujski à la bataille de Sillery (tableau de Jan Styka, Musée de Lublin). Jusqu'àu début de l'hiver 1914 les militaires porteront le pantalon rouge garance, modèle 1887, qui fait d'eux des cibles idéales pour la mitraille allemande. Puis la tenue sera bleue.

Władysław Szujski (Szuyski) est né à Cracovie le 23 juillet 1869. Il est le fils ou neveu (selon les sources) de Józef Szujski, historien et homme politique conservateur polonais de Galicie (député au Reichsrat de Vienne et membre du Sénat autrichien).

Władysław Szujski était ingénieur et membre de L’Association de Gymnastique Polonaise "Sokol" (Polskie Towarzystwo Gimnastyczne "Sokół»). En juillet 1914, il est à Paris en voyage professionnel. Il décide de rejoindre la légion étrangère française.

En août 1914, pendant le conseil de révision, le médecin militaire français ne voulait pas accepter sa candidature. Il pensait que Szujski mentait sur son âge et qu’il ne sera pas apte pour le service dans la Légion étrangère. Il lui a posé une question : "Quel est votre métier ?" La réponse de l’ingénieur Szujski fut courte : "Je suis un porteur !". Le médecin a regardé les mains de Szujski et il lui a dit: "Vous êtez un brave, sincère Polonais ! Avant de vous inscrire sur la liste, permettez de vous serrer la main !" Cette scène a été décrite dans la presse de l'époque.

Szujski a été l’initiateur du drapeau des Bayonnais et le premier porte drapeau.

Il est mort probablement le 29 novembre 1914, mais le légionnaire Marian Himner a écrit dans ses mémoires que Szujski a été tué le 11 décembre 1914. Mais la meilleure preuve se trouve dans le JMO du 2e régiment de marche du 1er étranger. Sa mort a été immortalisée sur un tableau de Jan Styka exposé au musée de Lublin.

Merci à Krzysztof Menel (Krzymen) pour toutes ces informations.

 

Antoni Balbinski, vétéran de l'armée du Kaiser, vétéran de l'armée polonaise... Mineur à Calonne Ricouart à partir de 1923.

 

Antoni Balbinski est né en 1892 près de Poznań (Siedlec) dans la partie de l'ancienne Pologne occupée par l'Allemangne. Il est enrôlé dans l'armée du Kaiser et combattra à Verdun. En 1918, il rentre en Pologne et lutte dans l'armée polonaise pour le rattachement de la Poznanie à la Pologne et contre les bolchéviques... Il arrive en France en 1923 et s'installe à Calonne Ricouart pour travailler dans les mines du Pas de Calais. Prenez connaissance de tous les détails de son parcours. exemplaire et probablement partagé par un certain nombre de nos grands-pères, comme le mien, Josef Janicki. Bravo à son petit fils pour cette belle évocation richement documentée.

 

 

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Louis Faury, un ch'ti dans la bataille avec les Polonais en France et en Pologne

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Le général Louis Faury avec Józef Jaklin (gauche) et Leopold Endel-Ragis (droite) à Varsovie (1921-1928).

Louis Joseph Augustin Faury est un pur produit Ch'ti, né à Fruges dans le Pas de Calais en 1874. Ce militaire a un parcours remarquable mais négligé par l’histoire, malgré sa participation à plusieurs événements militaires et politiques marquants de l’histoire franco-polonaise.

En  juillet 1915 il obtient la croix de chevalier de la Légion d’honneur : avec cette citation « Il a conduit avec sa bravoure habituelle, son esprit de sûreté et de méthode, les difficiles opérations du 15 au 20 juin 1915 autour de Notre Dame de Lorette en Artois ». En janvier 1916, détaché à l’état-major de la 4e armée dirigé par le général Gouraud déjà cité plus haut. En avril 1919 il est envoyé à la mission militaire française en Pologne. Il participe avec l’armée polonaise, à la dernière phase de la guerre polono-soviétique en 1919-1920.

Entre 1921 et 1928, il devient l’un des principaux acteurs du processus de formation des officiers d’état-major polonais « oficerowie dyplomowani » voir la photo ci-dessus.

Le général Weygand disait de lui : "Le général Faury fut une des rares personnalités qui font exception à cette règle (…) et qui eut en Pologne le talent de durer. Son tact, sa connaissance de l’âme polonaise venant étayer sa valeur militaire incontestée imposaient son enseignement à un auditoire d’officiers. Il est regrettable que cet enseignement n’ait pas dépassé le cadre de l’école de guerre, où la haute stratégie n’a pas sa place."

Lire son histoire…

LE 11 NOVEMBRE 1918, CAPITULATION DES FORCES DE LA TRIPLE ALLIANCE ET RENAISSANCE DE L’ETAT POLONAIS. MAIS LA GUERRE N'EST PAS TERMINEE.

Le 11 novembre 1918, le jour-même de la capitulation de l'Allemagne et de l'armistice, l'Indépendance de la Pologne fut proclamée. Józef Klemens Pilsudski devient le chef de l'Etat polonais (Naczelnik Panstwa).

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Retour de Pilsudski à Varsovie le 11 novembre 1918. Extraits de journaux.

Il demanda le rapatriement en Pologne de l'Armée polonaise de France. Le général Haller arrivera à Varsovie le 19 avril 1919 à la tête de l’Armée Bleue qui comptait près de cent  mille hommes. Ces soldats sont équipés par la France avec le fusil Lebel, des Chars Renault FT-17 et quelques avions. Cette armée se compose principalement de Français d’origine polonaise, de prisonniers d’origine polonaise ayant servi dans les armées allemandes et austro-hongroises (environ 35000), de volontaires venus d’Amérique du Nord (22000) et 300 émigrés polonais du Brésil. 

A compter du 18 novembre 1918, les soldats de ces quatre armées françaises, russes, allemandes et austro-hongroises, hier ennemis, combattront sous le même drapeau celui de la deuxième République de Pologne. Dès le printemps 1919 cette armée polonaise sera impliquée dans la guerre Sovieto-polonaise (1919-1921). De nombreux soldats et officiers français, comme le général Weygand, Foch ou le capitaine Charles de Gaulle entre autres ou le général Louis Faury (voir plus haut), apportèrent leur soutien à l'armée polonaise engagée contre l'Armée Rouge pour maintenir et consolider ses frontières orientales. Mais ceci est une autre histoire, nous y reviendrons prochainement.

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Militaires français à Gronkovitz en Haute Silésie (Pologne) le 1er avril 1920.

Pour bien comprendre les premières années de l'indépendance de la Pologne, lire le chapitre 12 de l’ouvrage de Jacek Rewerski disponible sous ce lien sous ce lien.

La guerre soviéto-polonaise résumée dans un petit film de huit minutes.

Film

 

COOPERATIONS FRANCO-POLONAISES EN MATIERE D'AVIATION.

Avion

Jusqu'en 1915, dans les Etats majors, les aéroplanes sont considérés comme des "jouets" pour aventuriers casse-cou.

En 1914, Onze ans après le premier vol des frères Wright, il restait encore beaucoup de choses à améliorer sur ces drôles de machines volantes : puissance des moteurs, robustesse, fiabilité, sécurité… Au début du conflit il y avait dans les états major des discussions sur l’utilité même des aéroplanes dans une guerre. Pour de nombreux militaires ce « plus lourd que l’air » n’est qu’un jouet pour aventurier casse-cou.

Jost avion

Mais très vite les plus sceptiques réalisèrent que ces aéronefs plus maniables que les ballons et autres Zeppelin pouvaient aider à localiser par le haut les positions et mouvements de l’ennemi. Un pilote et un observateur-photographe equipé d'une photo-mitrailleuse (voir ci-dessous) pouvaient rapidement cartographier le réseau de tranchées sur un grande zone, localiser des cibles pour l’artillerie, larguer des messages sur le champ de bataille – la radio n’existait pas à l’époque-.

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Ci dessus, Photo-mitrailleuse mis au point par le Sgt Joseph Barbé, affecté à l'école d'aviation de Pau à partir du 9 juillet 1915

La charge utile de ces aéronefs était faible. Les premiers combats aériens se traduisaient par des lancers de briques, grenades, cordes qui s’emmêlaient dans les hélices ou des tirs au pistolet. Le premier combat aérien eu lieu le 18 septembre 1914 à la bataille de Lemberg, opposant un avion austro-hongrois et un avion russe. Au final de cet « abordage à la corde » les deux aéronefs s’écrasèrent. Le 5 octobre 1914, le mécanicien Louis Quenault abattit un avion allemand avec une mitrailleuse posée sur l’aile supérieure du biplan. La synchronisation de la mitrailleuse n’était pas encore opérationnelle. Elle fut installée sur le Fokker E III en juillet 1915. Voir ci dessous.

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A l’entrée en guerre, l’ensemble des forces aériennes tous belligérants confondus ne dépasse pas quelques centaines de machines fragiles et inadaptées aux combats. Avec 160 appareils, la France était une des nations les mieux équipées !

1916, année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne. 1917, la consigne est claire : "Nettoyer le ciel de Verdun".

La France à la différence de l’Allemagne a disposé en la personne du général Estienne d’un chef  suffisamment éclairé, qui avec  constance et persévérance a réussi à imposer des vues alors non partagées pour faire entrer le pays  dans une logique industrielle et de modernisation militaire. Il restera « le père des chars » et le pionnier de l’aviation militaire. 1916, sera une année de rupture en matière d’utilisation de l’arme aérienne. Le mot d'ordre est plus que jamais l'emploi massif de l'aviation. De nouvelles machines plus performantes les unes que les autres arrivent chaque mois sur le champ de bataille comme ci-dessous, le Nieuport 17 sorti en mars 1916.

Nieuport 23 c

C’est à Verdun qu’a lieu la première Bataille aérienne de l'histoire à grande échelle. Tricornot de Rose a les pleins pouvoirs et une consigne simple : " Nettoyer le ciel de Verdun. " Les pertes en hommes et en machines sont colossales en 1917 : une dizaine d’aéronefs perdues chaque jour. A l’automne 1917 la France disposera du nouveau Breguet XIV et du Spad VII, les meilleurs et plus puissants avions du moment.

Breguet14 1

Breguet XIV

Spad

SPAD VII aux couleurs polonaises

Consulter le riche site Les As oubliés de 14-18 pour en apprendre encore plus sur l'Aviation durant la Grande Guerre.

Voir toutes les machines volantes qui ont sillonné le ciel d'Europe durant les années 1914-1918.

1914-1918, comment l'avion sorti du garage d'un aventurier casse-cou devient une industrie lourde incontournable

Le rôle de l’avion va évoluer tout au long de la Première Guerre Mondiale. Il passera du stade de simple outil d'observation et de reconnaissance photographique au début de la Grande Guerre, à une arme de bombardement redoutable à la fin du conflit. Il donnera aussi naissance à une nouvelle industrie.

A la signature de l’Armistice le 11 novembre 1918, l'aviation française est l’une des plus puissantes du monde. Elle compte 288 escadrilles regroupant quelques 3800 aéronefs. Pendant ces 4 années de conflit, la France forme plus de 16.400 pilotes et 2000 observateurs aériens. 5500 ont perdu la vie au combat ou par accident. Durant ce conflit, plus de 50 000 machines volantes (contre 38.000 pour l'Allemagne) sortiront des usines aéronautiques françaises qui emploieront plus de 190 000 ouvriers.

Voici trois petits films pour appréhender la vie de ces jeunes officiers pilotes, ces fous volants et comprendre comment l'avion, cette drôle de machine volante est devenue une arme de destructrion massive et une véritable industrie avec laquelle le monde devrait apprendre à vivre.

Cliquez sur les images ci dessous pour visionner le film correspondant.

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Les premiers polonais "Fous Volants".

Les premiers « aviateurs » polonais sont formés dans les forces Aériennes Allemandes et Austro hongroise dès 1916. Il s’agit surtout de mécaniciens ou techniciens au sol. On ne compte que quelques pilotes polonais dans ces escadrilles. Beaucoup déserteront et essaieront de rejoindre la France soit directement soit via l’armée russe.

La première formation aérienne polonaise sera créée en Russie en juillet 1917. Piotr Abakanowicz créera et commandera la première escadrille de 16 avions au sein du 1° Corps Polonais I Korpus Polski du général Józef Dowbor-Muśnicki. En mars 1918 alors qu’il y avait 78 pilotes dont 51 officiers, cette force aérienne sera faite prisonnière par les allemands et dissoute. Une partie de ces pilotes et mécaniciens rejoindra l’armée Polonaise en France.

C'est principalement sur la base de Pau que seront formés les pilotes polonais en France. Ils sont 88 pilotes et 110 mécaniciens à avoir été formés dans les écoles de pilotes françaises. Certains d’entre eux vont mourir en France comme Wladyslaw Mickiewicz, Jan Raszewski ou Marian Stefan Himner, un ancien Bayonnais déjà cité plus haut...La majorité de ces pilotes polonais rejoindra l'Armée du général Haller comme par exemple Sigismond Pawlikowski, Aleksander  Sapieha, Jerzy de Rudlicki ou Jerzy Kossowski ...Puis ils rentreront en Pologne au printemps 1919.

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Pour tout savoir sur ces pilotes polonais formés en France, nous vous conseillons de visiter en détail la très belle et riche page consacrée à ces pionniers de l'aviation polonaise formés sur le sol français. Les autres pages du site méritent aussi une visite détaillée. Voir aussi d'autres biographies sur le Blog Page 14-18.

Pour en savoir encore plus sur l'Aviation polonaise, nous vous conseillons de consulter la très riche page internet créée par Paweł Piwoński : Historia Lotnictwa.

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Ce sont sept escadrilles qui rejoindront la Pologne avec l'Armée du général Haller en 1919. Elles sont équipées de machines prises à l'ennemi et 98 avions fournis par la France, comme ci-dessous les Breguet XIV. Cracovie sera le premier aérodrome polonais militarisé.

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De nombreux instructreurs français, comme Emile Maria iront en Pologne pour continuer à former des pilotes voire même participer à la guerre contre les bolchéviques en 1919-1921.

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Elèves pilotes polonais formés par le Sgt Emile Maria (4ème à partir de la droite) en Pologne en 1919-1920. Il a été affecté à la mission polonaise, à l'école d'aviation polonaise de Varsovie du 4 août 1919 au 9 novembre 1920.

C'est à cette époque que la Pologne entreprendra la fabrication d'avions dans ses usines, toujours avec l'aide de la France. Ainsi sous-lieutenant de Rudlicki formé à Pau sera nommé Ingénieur en chef de la société aéronautique de Lublin où il concevra plusieurs appareils civils et militaires comme le bombardier Lublin R-VIII ci dessous.

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Archéologue, légionnaire baroudeur et pilote, un des premiers "fous volants polonais" : Marian Himner (1887-1916)

 MAvant la guerre, Marian Himner est un jeune archéologue polonais formé à la Sorbonne.  Il est un spécialiste de la civilisation prémycénienne dans le bassin de la Mer Noire. Dès l'ouverture des bureaux de recrutement à Paris il s'engage dans la Légion Etrangère Française en août 1914. Il est un des premiers Bayonnais. Durant les batailles de Champagne, Picardie et Artois de l'hiver 1914-1915, il assistera à la mort de la quasi totalité des 200 à 250 Bayonnais, comme Wladyslaw Szujski (voir plus haut) et bien d'autres. Avec Jan Garbowski il sera un des vingt ou cinquante survivants (selon les sources). Le 16 juin 1915 il sera bléssé au visage. Après quelques semaines de repos, il rejoint l'école d'aviation d'Avord dans le Cher où obtiendra son brevet en mars 1916. Il rejoint ensuite l'école de pilotage de Pau pour se perfectionner en pilotage d'avions de chasse. Il mourra en juillet 1916 dans un "vulgaire" accident à l'entrainement.

Aujourd'hui, on peut s'étonner qu'autant de pilotes sont morts à l'entrainement. Visionner ce film, reconstitution des combats aériens à l'époque, et vous comprendrez qu'avant d'être un bon viseur, un bon pilote devait avant tout être un bon acrobate. Gloire à ces As de toutes nationalités.

L’histoire de Marian Himner a elle été racontée par un de ses pairs, Edmond Pottier, Membre de l’institut et conservateur du musée du Louvres avec qui il a eu un correspondance constante.

Pour la jeune et fragile Pologne, la guerre se poursuivra jusqu'en 1921.

En fait pour les Polonais la Première Guerre Mondiale ne se terminera pas en 1918, mais en mars 1921 après le traité de Riga. Pour les Polonais, cette Guerre aura donc duré près de huit longues années.

Comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, l’Etat Polonais renaîtra en 1918 avec des frontières mal définies donc fragiles qui vont évoluer jusqu’au traité de Versailles du 28 juin 1919 et même au-delà jusqu’au traité de Riga le 18 mars 1921.

Hitler et Staline n’accepteront jamais ces frontières et s’empresseront entre le 1° et  le 23 septembre 1939 d’envahir et de se partager la Pologne pour revenir aux frontières de 1914. Pour le peuple polonais, il faudra attendre 1989 pour avoir droit à des élections libres et enfin pouvoir accéder à la liberté et l’indépendance politique. La Pologne n’est plus un pays satellite de l’U.R.S.S.

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Tout ce cheminement vers l’indépendance de la Pologne n’a été possible qu’à cause de la Première Guerre Mondiale. Cela sera aussi le cas pour d’autres états d’Europe Centrale comme la Tchéco-Slovaquie, la Roumanie ou la Hongrie...

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En résumé, voici une chronique en langue polonaise avec des documents sonores (Kalendarium) de cette Guerre vue du côté polonais.

Et pour terminer, pourquoi ne pas lire le chapitre "Walka o niepodległość 1914-1918" sur l'excellent site dzieje.pl avec un quiz amusant dessiner l'Europe d'avant et d'après la Grande Guerre.

En définitive ...

Ce sont 2,5 à 3,4 millions de Polonais qui ont combattu sur tous les fronts d’Europe durant cette Première Guerre Mondiale.

  • Un million deux cent mille Polonais ont servi dans les armées russes du Tsar.
  • Deux cent cinquante mille ont servi dans les armées austro-hongroises de l’Empereur François Joseph
  • Huit cent mille ont servi dans les armées du Kaiser Guillaume II
  • Une centaine de milliers de Polonais ont servi dans les armées françaises.

Les pertes civiles et militaires polonaises s’élèvent à 1.130.000 morts.

Plus de cinq cents mille combattants polonais ont trouvé la mort durant cette guerre dont 50 000 sur le territoire français. Le nombre des bléssés polonais s'élève à plus de 700 000.

Carte

Voir aussi la rubrique Bratobójcza walka na frontach I wojny światowej. Zginęło ponad 500 tys. Polaków (Conflit fraticide sur les fronts de la première Guerre Mondiale. 500 mille polonais y ont perdu la vie). sur le site de la chaine polonaise TVN 24

C’est une armée de près de cent mille hommes (Błękitna Armia, l’Armée Bleue du Général Haller) entrainés et équipés par la France qui rentrera en Pologne en avril 1919 (voir vidéo ci-dessous) et constituera le noyau de la nouvelle armée de la deuxième République Polonaise.

Film

Voici quelques informations illustrées supplémentaires tirées de la revue "le Miroir".

L’armée polonaise se constitue dans la Sarthe

Départ des volontaires polonais pour le front

Le général Haller arrive à Varsovie

Deux millions de polonais se battent pour la liberté

Femmes soldats polonaises

Soldats polonais sur le front autrichien

La reconstitution de l’Etat polonais en 1918

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Date de dernière mise à jour : samedi, 31 août 2019