Episode 4 Amitié sur le plan scientifique et technologique

Amitie 5 1k jpeg 1Sur cette photo vous pensez reconnaitre de gauche à droite Marie Curie, Louis Pasteur, Copernic ou Georges Charpak, sommités du monde scientifique. C'est possible. Mais aujourd'hui, je vous propose d'élargir ce Panthéon des scientifiques polonais de France avec des noms moins connus voire même inconnus mais qui méritent de figurer dans une liste de personnalité à célébrer en cette journée d'amitié France Pologne.

Evidemment, toute la richesse du domaine dans cette coopération ne sera pas traité dans cet épisode. Inimaginable !

Je vous propose donc de découvrir Jan Danysz, Genia Spik, Grażyna Stasińska et le docteur Andrzej Burzynski et quelques autres figures marquantes.

Jan Danysz (1960-1928)

Un savant de l’Institut Pasteur et un patriote polonais engagé en France

Parmi les nombreuses figures polonaises qui ont marqué la vie scientifique et associative de la France au tournant du XXᵉ siècle, Jan Danysz occupe une place singulière. Biologiste, bactériologiste et pionnier de la lutte contre les maladies infectieuses, il fut aussi un acteur majeur de la mobilisation patriotique de la Polonia française durant la Première Guerre mondiale.

Né en 1860 dans l’Empire russe, d’une famille polonaise attachée à son identité nationale, Jan Danysz rejoint la France pour poursuivre ses travaux scientifiques. Il intègre l’Institut Pasteur de Paris, où il devient l’un des chercheurs les plus actifs dans les domaines :

  • de la bactériologie,
  • de la biologie expérimentale,
  • et de la lutte contre les épidémies animales.

Il se fait notamment connaître pour ses recherches sur les toxines bactériennes, les maladies du bétail et les méthodes de désinfection biologique. Ses travaux, reconnus internationalement, contribuent à renforcer le prestige de l’Institut Pasteur dans les premières décennies du XXᵉ siècle. 

Un membre influent du Comité polonais de mobilisation (1914–1918)

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Jan Danysz ne reste pas spectateur. Comme de nombreux intellectuels et ouvriers polonais installés en France, il s’engage dans le Comité polonais pour la mobilisation des Polonais de France, structure essentielle qui :

  • organise le recensement des volontaires polonais,
  • soutient la formation de l’Armée polonaise en France (future Armée Haller),
  • coordonne l’aide aux familles,
  • et maintient vivante l’idée d’une Pologne indépendante, alors encore partagée entre trois empires.

Danysz y apporte son autorité morale, son réseau scientifique et son prestige de chercheur pasteurien. Il incarne cette génération de savants polonais qui, tout en contribuant à la science française, n’ont jamais cessé de servir la cause nationale. 

Un pont entre la science et l’engagement patriotique

La vie de Jan Danysz illustre parfaitement la richesse de la présence polonaise en France : une intelligence scientifique au service du progrès, et une fidélité indéfectible à la Pologne, même en exil.

À l’Institut Pasteur, il laisse l’image d’un chercheur rigoureux et inventif. Au sein de la Polonia, il demeure l’un de ces hommes qui ont contribué, par leur action, à la renaissance de la Pologne en 1918.

Jean‑Casimir Danysz (1884–1914) : Un élève de Marie Curie devenu pionnier de la radiologie en Pologne, mort pour la France en 1914. 

Parmi les destins franco‑polonais brisés par la Première Guerre mondiale, celui de Jean‑Casimir Danysz occupe une place à part. Fils du biologiste pasteurien Jan Danysz, il grandit dans un milieu où la science, l’engagement et l’attachement à la Pologne se transmettent comme une seconde nature. Très tôt, il se tourne vers la recherche et rejoint l’un des lieux les plus prestigieux de l’époque : le laboratoire de Marie Skłodowska‑Curie à Paris.

Brillant, travailleur, passionné par les applications médicales des rayonnements, Jean‑Casimir Danysz devient l’un des jeunes chercheurs que Marie Curie prend sous son aile et passe une thèse en physique nucléaire. Il se spécialise dans l’utilisation des rayons X, encore récents, et dans leurs usages thérapeutiques et diagnostiques.

Marie Curie, consciente de son sérieux et de son potentiel, lui confie une mission essentielle : installer les premiers appareils de radiographie dans les hôpitaux de Varsovie, alors sous domination russe.

Grâce à lui, plusieurs établissements médicaux polonais se dotent pour la première fois d’équipements modernes, ouvrant la voie à la radiologie clinique en Pologne. Il devient ainsi un pionnier discret mais décisif de la médecine polonaise du XXᵉ siècle. 

1914 : le retour en France pour défendre son pays d’adoption

Lorsque la guerre éclate en août 1914, Jean‑Casimir Danysz se trouve en Pologne. Sans hésiter, il rentre immédiatement en France pour s’engager dans l’armée française. Comme tant de jeunes hommes de la Polonia, il veut défendre la terre qui a accueilli sa famille et permis son éducation scientifique.

Il rejoint son unité dès les premières semaines du conflit. Mais la guerre est brutale : les combats de l’été 1914 sont parmi les plus meurtriers de toute la campagne.

Jean‑Casimir Danysz tombe au champ d’honneur durant l’été 1914, dans les tout premiers affrontements. Il avait trente ans. Sa disparition prive la science franco‑polonaise d’un chercheur prometteur, formé par l’une des plus grandes savantes de l’histoire, et déjà porteur d’une œuvre utile à la médecine polonaise.

 

Pasteur (l’homme ) et la Pologne : une histoire scientifique à double sens

De Paris à Varsovie, un héritage partagé

L’Institut Pasteur n’a pas seulement accueilli en France des savants polonais comme Jan Danysz, figure majeure de la bactériologie parisienne au début du XXᵉ siècle.
L’influence de Louis Pasteur a aussi essaimé directement en Pologne, donnant naissance à une véritable école pasteurienne polonaise.

Dès les années 1880, plusieurs chercheurs polonais viennent se former à Paris, au plus près du maître.
Parmi eux, le plus emblématique est Odon Bujwid, considéré comme le fondateur de la microbiologie polonaise.
Formé dans le laboratoire de Pasteur, il repart à Varsovie avec les méthodes pasteuriennes… et même avec des lapins infectés par le virus de la rage, offerts par Pasteur lui‑même pour lancer la vaccination antirabique en Pologne.
Il crée ainsi le premier laboratoire antirabique au monde après Paris, inaugurant une longue tradition polonaise de santé publique moderne.

D’autres savants suivront cette voie, faisant circuler les idées, les techniques et l’esprit pasteurien entre Paris, Varsovie et Cracovie.
La Pologne ne possède pas d’Institut Pasteur au sens institutionnel du réseau international, mais elle a développé, grâce à ces pionniers, une véritable culture pasteurienne : laboratoires de vaccination, hygiène publique, bactériologie, contrôle sanitaire des aliments et de l’eau.

Ainsi, la relation entre Pasteur et la Pologne n’est pas un simple mouvement d’accueil vers Paris : c’est un échange, un va‑et‑vient fécond, où des savants polonais formés en France ont contribué à moderniser la médecine et la microbiologie de leur pays d’origine.

Ces scientifiques franco‑polonais du Nord qui ont éclairé la France et le monde en silence

 

Geneviève “Genia” Spik (1939–2009)

Dans les Hauts‑de‑France, loin des projecteurs , des femmes et des hommes comme Geneviève Spik et le docteur Andrzej Burzyński ont porté haut l’intelligence, la solidarité et l’héritage polonais. Leur œuvre scientifique, leur engagement humain et leur fidélité à la communauté méritent d’être reconnus en cette Journée de l’Amitié France‑Pologne du 20 avril.

Loin des projecteurs people et des salons parisiens trop bien repassés, des femmes et des hommes comme Geneviève Spik et le docteur Andrzej Burzyński ont fait avancer la science, la médecine de proximité et la solidarité dans les Hauts‑de‑France, en silence mais avec une grandeur qui mérite enfin d’être reconnue.

Une grande dame de la biochimie lilloise, fille de la Polonia, pionnière dans l’étude du lait maternel (le lait de femme)… et une pédagogue inoubliable

Il est des personnes qui marquent une vie, un laboratoire, une génération entière de chercheurs.
Pour moi, Geneviève SpikGenia, comme je l’appelais parce je partageai la même origine polonaise et de plus elle celle qui m’a appris la biochimie et c’est dans son laboratoire que j’ai passé mon DEA de biochimie. Elle fut de celles qui laissent une empreinte indélébile.
Et pour l’Université de Lille, elle fut bien plus qu’une scientifique : une figure fondatrice, une voix, une présence.

Née à Libercourt en 1938, au cœur du bassin minier où tant de familles polonaises avaient trouvé refuge, elle porta toute sa vie cette double identité : la rigueur scientifique française et la chaleur fraternelle de la Polonia du Nord.
Jean‑Claude Michalski, qui lui succéda à la tête du laboratoire, le rappelle avec émotion dans sa nécrologie : elle était une femme de science, mais aussi une femme de cœur, profondément attachée à ses étudiants et à ses racines. Il termine cette nécro par ces simples mots en polonais : “Dziekuje bardzo Genia, do zobaczenia,

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Une pionnière dans l’étude du lait maternel (lait de femme)

Dans les années 1980‑1990, alors que la biochimie du lait humain n’en était qu’à ses débuts, Geneviève Spik ouvre une voie nouvelle.
Elle étudie les protéines du lait de femme, les facteurs de croissance, les lactoferrines, et identifie en 1991 la cyclophiline B, découverte majeure pour comprendre l’immunité du nourrisson.

Ses travaux ont eu un impact direct sur la société :
ils ont permis aux industriels de concevoir des laits maternisés mieux tolérés, plus proches du lait maternel que les poudres issues du lait de vache.
Une avancée discrète mais immense, qui a amélioré la santé de millions d’enfants.

 Une pédagogue rare, exigeante et lumineuse

Ceux qui ont travaillé avec elle — et j’en fais partie — savent qu’elle possédait un don pédagogique exceptionnel.
Elle savait rendre limpides les mécanismes les plus complexes, expliquer l’invisible, transmettre la passion de la recherche avec une clarté et une humanité rares.

Dans son laboratoire, on apprenait la science, mais aussi la loyauté, la modestie, la solidarité.
Elle forma des générations de chercheurs, dont plusieurs deviendront à leur tour des figures de la biochimie lilloise.

Elle n’est pas reconnue comme Marie Curie… mais elle en a l’étoffe.

Cette phrase, j’y tiens. Elle dit tout.

Geneviève Spik n’a pas la notoriété mondiale de Marie Skłodowska‑Curie.
Mais elle en avait la trempe, la rigueur, la ténacité, la profondeur humaine, et ce mélange unique de modestie et de force intérieure que l’on retrouve chez tant de femmes de science issues de la diaspora polonaise.

Elle n’a pas cherché la gloire. Elle a choisi la transmission, la recherche, l’humain. Et c’est peut‑être là que réside sa grandeur.

Un héritage vivant : le Geneviève Spik Award

Aujourd’hui encore, son nom continue de rayonner dans la sphère scientifique internationale. Lors de chaque conférence internationale sur les lactoferrines, un prix prestigieux — le Geneviève Spik Award — récompense un jeune chercheur travaillant sur les constituants du lait maternel.
C’est un hommage magnifique : Genia continue ainsi d’encourager les jeunes, comme elle l’a fait toute sa vie.

En 2023, le Geneviève Spik Award a été attribué à la chercheuse italienne Giusi Ianiro pour ses travaux innovants sur la lactoferrine, en particulier son rôle antioxydant, anti‑inflammatoire et antiviral dans des modèles cellulaires exposés à des protéines virales telles que Spike de SARS‑CoV‑2 et Tat du VIH‑1, ainsi que pour ses recherches récentes sur son potentiel effet neuroprotecteur dans un modèle in vitro de la maladie de Parkinson.

Une femme de science, une femme de la Polonia, une femme d’exception

Geneviève Spik incarne ce que la diaspora polonaise du Nord a apporté de meilleur à la France : le travail, la ténacité, la fidélité, la chaleur humaine, et cette capacité à élever les autres.

Pour moi qui l’a connu personnellement, elle fut une directrice d’étude, une guide, une présence.
Pour Lille, elle fut une grande scientifique.
Pour la communauté internationale, elle reste une référence.
Pour la Polonia, elle demeure une fierté.

Dr Andrzej Burzyński (1929–2022)

Chirurgien d’exception, fondateur de l’APSOP, pilier de la Polonia médicale du Nord et homme de Solidarność

Le docteur Andrzej Burzyński est né à Varsovie le 18 mai 1929 et décède le 14 juin 2022. Il appartient à cette génération de médecins polonais qui ont marqué la vie hospitalière et associative des Hauts‑de‑France.
Formé à la Faculté de médecine de Varsovie (diplômé en 1954, spécialisé en chirurgie en 1958), il commence sa carrière comme chirurgien et formateur à Varsovie, où il se distingue déjà par son goût pour la transmission et la formation des jeunes médecins.

Un parcours international avant Lille

En 1962, au moment de l’indépendance de l’Algérie, il rejoint la mission médicale polonaise à Oran, où il dirige le service de chirurgie et occupe plusieurs fonctions importantes dans l’administration hospitalière algérienne. Il y reste jusqu’en 1973, avant de s’installer en France.

Arrivé au CHU de Lille, il s’impose rapidement comme un chirurgien talentueux, passionné par la formation et la transmission. Il dirige ensuite des services de chirurgie dans plusieurs hôpitaux du Nord : Somain, Bully‑les‑Mines, Bailleul.

Fondateur et âme de l’APSOP

En 1988, avec les docteurs H. Sanelli‑Łapkiewicz et W. Matkowski, il fonde l’APSOP,  Association des Professionnels de Santé d’Origine Polonaise, dont il devient la véritable âme et le président emblématique pendant des décennies.

Sous son impulsion, l’APSOP :

  • finance deux bourses annuelles pour des étudiants et jeunes médecins polonais venant se former en France ;
  • organise de nombreux transports de médicaments et de matériel médical vers la Pologne dans les années 1990 ;
  • contribue à l’équipement du service de dialyse du CHU de Cracovie en 1992 (15 générateurs de dialyse offerts par le CHU de Lille) ;
  • facilite l’opération en France d’enfants polonais atteints de pathologies graves, notamment en cardiologie pédiatrique.

Plusieurs de ces jeunes patients, devenus adultes, seront présents à ses funérailles en signe de gratitude.

Un homme de Solidarność

Lors de l’instauration de l’état de guerre en Pologne (stan wojenny) en décembre 1981, de nombreux Polonais se retrouvent bloqués en France.
Le Dr Burzyński se mobilise immédiatement pour leur apporter aide médicale, soutien et orientation, fidèle à l’esprit de Solidarność.

À Paris, le Dr Konopka crée la même année un dispensaire d’urgence pour accueillir et soigner les Polonais en difficulté — une action parallèle qui témoigne de la solidarité médicale polonaise en France à ce moment crucial. Une histoire de ce dispensaire polonais à Paris est disponible sous ce lien.

L’engagement du Dr Burzyński dans le Nord et celui du Dr Konopka à Paris forment un chapitre méconnu mais essentiel de l’histoire de la diaspora polonaise en France.

Un représentant international de la Polonia médicale

Le Dr Burzyński représente l’APSOP au sein de la Fédération des Organisations Médicales Polonaises, qu’il contribue à fonder en 1994 aux côtés des associations britannique, suédoise et parisienne.
Il participe à de nombreux congrès internationaux de la Polonia médicale, où il est reconnu pour son humanité, sa rigueur et son engagement.

Un homme rare

Les témoignages concordent : Andrzej Burzyński était un homme exceptionnel, un médecin profondément humain, un formateur passionné, un bâtisseur de ponts entre la France et la Pologne.
Un homme de cœur, de fidélité, de service — de ceux que l’on rencontre rarement.

Son héritage scientifique, associatif et humain demeure vivant dans la mémoire de la Polonia du Nord.

Il mérite d’être célébré en cette première journée d’amitié France Pologne en ce 20 avril 2026.

Après Copernic : une constellation polonaise continue de briller dans le ciel de l’astronomie et l’astrophysique mondiale

Depuis Copernic, la Pologne n’a cessé d’offrir au monde des astronomes et astrophysiciens de premier plan. Certains ont illuminé les observatoires de Varsovie ou de Gdańsk. Parmi ceux-ci 

  • Jan Heweliusz (Johannes Hevelius, 1611–1687), astronome de Gdańsk, pionnier de la cartographie lunaire.
  • Marcin Poczobutt-Odlanicki (1728–1810), Astronome royal de Pologne. Directeur de l’observatoire de Vilnius. Il a donné son nom à la constellation aujourd’hui disparue Felis.
  • Aleksander Wolszczan (1946 - ). Astrophysicien mondialement connu pour avoir découvert les premières exoplanètes en 1992 autour du pulsar PSR B1257+12. Il s’agit là d’une découverte majeure de l’astronomie moderne.
  • Bohdan Paczyński (1940–2007). Astrophysicien de génie, spécialiste des sursauts gamma et des lentilles gravitationnelles. L’un des plus cités au monde dans sa discipline.
  • Andrzej Udalski (1957 -). Il est le chef du projet OGLE, l’un des plus grands programmes mondiaux de détection d’exoplanètes et de microlentilles gravitationnelles.Un pilier de l’astronomie observationnelle contemporaine.

Deux trajectoires franco polonaises, un même horizon astrophysique

À travers leurs parcours, Grażyna Stasińska et Jean‑Pierre Lasota‑Hirszowicz illustrent la richesse de la diaspora scientifique polonaise en France. Leur double culture a nourri une manière singulière d’aborder les questions cosmologiques : précision, curiosité, sens du détail, et une persévérance qui rappelle la longue tradition scientifique polonaise.

Leurs travaux montrent que l’amitié franco‑polonaise ne se vit pas seulement dans l’histoire, la culture ou les commémorations : elle se prolonge aussi dans la recherche, dans l’exploration du ciel, et dans cette quête commune de comprendre l’Univers.

Grażyna Stasińska, Une Française d’origine polonaise qui a fait parler les étoiles

Grażyna Stasińska, Une Française d’origine polonaise qui a fait parler les étoiles

Née en France de parents polonais, Grażyna Stasińska a grandi dans un environnement où la culture scientifique et la mémoire de l’exil se mêlaient naturellement. Devenue astrophysicienne à l’Observatoire de Paris – Meudon, elle s’est imposée comme l’une des grandes spécialistes mondiales de la physique du gaz interstellaire, des nébuleuses planétaires et de la composition chimique des galaxies.

Son travail consiste à analyser la lumière des étoiles et des nuages de gaz pour en déduire leur histoire, leur composition et leur évolution. Grâce à ses modèles théoriques et à ses études spectroscopiques, elle a contribué à mieux comprendre comment les galaxies s’enrichissent en éléments lourds au fil des générations d’étoiles.

Scientifique rigoureuse, mais aussi pédagogue engagée,.

Grażyna Stasińska est une astrophysicienne spécialisée dans la physique du gaz interstellaire et l’évolution chimique des galaxies. Ses principaux domaines d’expertise sont :

  • Les nébuleuses planétaires : étude de leur composition, de leur structure et de leur rôle dans l’enrichissement chimique de la galaxie.
  • Le milieu interstellaire ionisé : compréhension des processus physiques qui chauffent, ionisent et structurent le gaz entre les étoiles.
  • La spectroscopie astrophysique : analyse de la lumière pour déterminer la composition chimique et les propriétés physiques des objets célestes.
  • L’évolution chimique des galaxies : comment les étoiles, en naissant et en mourant, modifient la composition de leur galaxie.
  • La modélisation théorique : création de modèles numériques pour interpréter les observations astronomiques.

Grażyna Stasińska a contribué à plusieurs ouvrages scientifiques spécialisés, notamment : Les quasars aux confins de l’Univers où elle est co‑autrice avec Suzy Collin‑Zahn. et d'autres à découvrir sous ce lien. 

Grażyna Stasińska a co‑signé de nombreux livres collectifs spécialisés. Son œuvre principale reste sa production scientifique internationale, très abondante et reconnue. Elle incarne cette double fidélité : à la France, où elle mène ses travaux, et à la Pologne, dont elle porte l’héritage intellectuel et la ténacité. 

Jean‑Pierre Lasota‑Hirszowicz (1942–2024): Un pont vivant entre Varsovie et Paris, maître des objets compacts

Il est né à Marseille dans une famille polonaise. Formé à l’Université de Varsovie, Jean‑Pierre Lasota‑Hirszowicz a rejoint le CNRS en 1983 avant de devenir directeur de recherche à l’Institut d’Astrophysique de Paris. Il est pécialiste des objets compacts : trous noirs, étoiles à neutrons, naines blanches. Un grand passeur entre les deux pays. Il fut également responsable du Département d’Astrophysique Relativiste et de Cosmologie à l’Observatoire de Paris‑Meudon.

Ses travaux ont profondément marqué l’étude des objets compacts : naines blanches, étoiles à neutrons, trous noirs, phénomènes d’accrétion.

Il a contribué à expliquer comment la matière se comporte lorsqu’elle tombe sur ces astres extrêmes, un domaine essentiel pour comprendre les sursauts lumineux, les disques d’accrétion et les signaux observés par les télescopes modernes. Lauréat du Grand Prix Félix Robin de la Société Française de Physique, il laisse une œuvre scientifique majeure et une influence durable sur plusieurs générations de chercheurs.

Sławosz Uznański‑Wiśniewski

Un astronaute polonais… formé en France, nourri par l’excellence scientifique de l'université  d’Aix‑Marseille

Parmi les nouvelles figures de la coopération scientifique franco‑polonaise, Sławosz Uznański‑Wiśniewski occupe une place singulière. Ingénieur et spécialiste des environnements radiatifs extrêmes, il a été formé en France, à l’Université d’Aix‑Marseille, où il a soutenu en 2011 une thèse remarquée sur la résistance des composants électroniques aux rayonnements spatiaux. Cette formation française, exigeante et profondément structurante, a façonné son approche scientifique et son expertise.

Après son doctorat, il rejoint STMicroelectronics, l’un des fleurons européens de la micro‑électronique, où il travaille sur la fiabilité des systèmes embarqués soumis aux radiations. Ce passage industriel, au cœur de la technologie européenne, fait de lui un spécialiste rare, capable de dialoguer aussi bien avec les ingénieurs que les chercheurs.

En 2023, il est sélectionné par l’Agence spatiale européenne (ESA) comme astronaute de réserve, puis participe à la mission Axiom‑4 vers la Station spatiale internationale (ISS). Il devient ainsi l’un des visages les plus prometteurs de la nouvelle génération d’astronautes européens — et le premier Polonais depuis Mirosław Hermaszewski à rejoindre l’orbite terrestre.

Scientifique rigoureux, ingénieur de haut niveau, astronaute engagé, Sławosz Uznański‑Wiśniewski incarne cette France qui forme, cette Europe qui innove, et cette Pologne qui explore. Un symbole parfait pour la Journée de l’Amitié France‑Pologne.

Quand Gagarine a fait le tour de la Terre en jurant qu’il n’avait vu Dieu ni diable (doctrine soviétique oblige ou peut-être n'a -t-il pas regardé du bon côté?), peut‑être que Sławosz, lui, a croisé Pan Twardowski en train de bricoler son alambic lunaire. Les temps changent, les rencontres aussi.

Promotion de l'amitié scientifique franco polonaise en France ?

Chaque année l'ambassade de Pologne à Paris mais en lumière une personnalité polonaise ou franco polonaise qui se distingue dans le de la science, la recherche (Nauka). vous pouvez retrouver ces personnalités distinguées en France depuis 2012 sur ce site

Ainsi en 2025 la distinction Wybitny polak we Francji dans la catégorie Nauka a été décerné au professeur Jacek Jendrej. Il s'agit d'un mathématicien franco‑polonais de tout premier plan, reconnu internationalement comme l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des équations aux dérivées partielles et des ondes non linéaires. 

Lauréat de distinctions prestigieuses comme la médaille d’or à l’Olympiade Internationale de Mathématiques, du cours Peccot au Collège de France, prix Julius Schaudera, ERC Starting Grant, et plus récemment prix de la Société Mathématique Européenne. Il enseigne à l’École Polytechnique et à l’Université Sorbonne Paris Nord.

Et rendez-vous aujourd'hui encore dimanche 18 avril 2026 à 14 heures, si la technique veut bien suivre !

 

ZEDER (Zalisz René), 17 avril 2026, saint Gervais.

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Date de dernière mise à jour : Sunday, 19 April 2026