Juillet-août 1939, Le Führer piétine. Les diplomates soviétiques et nazis tardent à finaliser le pacte de non-agression souhaité par Hitler et indispensable pour mener à bien son monstrueux plan de nazification des territoires de l’est...
Enfin le 23 août, Hitler jubile. Ribbentrop se rend à Moscou pour présenter la dernière mouture du document à Staline qui l’approuve.

Le pacte secret de non-agression dit de Ribbentrop/Molotow est signé ; il tient en une page et quart ! Mais quelle étendue des dégâts !

L’union et la lune de miel démonique entre ces deux tyrans modernes peut débuter. L’idylle durera jusqu’en juin 1941 quand Hitler déclenche l’Opération Barbarossa contre l’URSS.

Alors seulement, il était temps, Staline rompt son union avec son Führer préféré et change de partenaires pour rejoindre le camp des Alliés dont font aussi partie les Polonais !

Dans ce nouveau couple à trois, Winnie l'Anglais, Joe le Soviétique, Frank l'Américain, lequel des trois va enfumer les autres ?
Le 1° septembre 1939, la Wehrmacht d’Hitler entre en Pologne ; l’Armée Rouge de Staline pénètre en Pologne le 17 septembre 1939. Cette attaque conjointe est fulgurante, foudroyante et lourde de conséquence pour la jeune Pologne … Sans l’aide promise par ses alliés, britanniques et français, la vaillante Pologne ne peut rien pour repousser les envahisseurs entrés par l’ouest et l’est de la Pologne.
Dans
Dans ce billet Jacek Rewerski rappelle que l’ordre des choses aurait peut-être été différent si Français et Britanniques n’étaient pas restés immobiles…. Lors du procès de Nuremberg, le général Jodl, chef de l’état-major de la Wehrmacht, affirme : «Si nous ne nous sommes pas effondrés dès 1939, cela est dû simplement au fait que, pendant la campagne de Pologne, les 110 divisions françaises et anglaises à l’Ouest sont demeurées absolument inactives en face des 23 divisions allemandes».
En un peu plus de 3 semaines, les deux plus grandes armées du monde, la Wehrmacht d’Hitler et l’armée Rouge de Staline écrasent, comme prévu dans le pacte secret dit de Ribbentrop/Molotow la vaillante armée polonaise.
Le Samedi 23 septembre 1939, soldats nazis et soviétiques se rejoignent et défilent ensemble dans les rues de Brest-Litovsk pour célébrer la déroute polonaise. La blitzkrieg soviéto-nazie en terre de Pologne est une réussite totale.

Les généraux Siemion Kriwoszein (URSS) et Heinzem Guderian (III Reich) le 23 septembre 2019 à Brest-Litovsk
Fin septembre 1939, la quasi-totalité de l’armée polonaise est défaite. Quelques unités polonaises continuent à combattre désespérément jusqu’à mi-octobre. Le président polonais et son gouvernement quittent Varsovie le 18 septembre et se réfugient en Roumanie neutre à l’époque. La population et les restes de l’armée polonaise va essayer de prendre la même direction.
Il y a 80 ans, la jeune Pologne est crucifiée aux sus et aux vus du monde entier, immobile ou presque. Le 3 septembre 1939 Français et Britanniques déclarent la guerre au Troisième Reich, sans véritablement agir sur le terrain pour soulager l’armée polonaise dans ce combat inégal…

Finis Poloniae, bis repetita…, Kosciusko avait déjà prononcé ces paroles en 1795.
Le jeudi 28 septembre 1939, un nouveau traité germano-soviétique dit de délimitation et d'amitié est ratifié par l’URSS et le III° Reich.
C’était il y a 80 ans exactement. La Pologne défaite est partagée en deux parts presque égales : Environ 200 000 km² pour toi, cher Joseph et autant pour moi Adolf.
Ce nouveau traité soviéto-nazi définit les zones d’influence des deux puissances et stipule que les deux parties ont l'obligation de prendre des mesures pour prévenir et empêcher toute action de résistance polonaise. Il prévoit également des échanges d’opposants politiques.

En 2014, dans un billet intitulé Peut-on considérer l’URSS comme un Allié pendant la 2ème Guerre Mondiale ? Jacek Rewerski nous donnait les détails suivants : La collaboration des deux totalitarismes fonctionne bien. L’Allemagne livre en 1939 à l’URSS près de 14 000 soldats et officiers polonais, tandis que l’URSS transfère à son allié 43 000 polonais, mais également des communistes allemands détenus dans des camps soviétiques. Durant l’hiver 1939/40, la Gestapo et le NKVD se réunissent à plusieurs reprises à Lwów, Kiev et surtout à Zakopane pour coordonner leur coopération. Ces réunions précèdent les massacres et les déportations de masse de Polonais. Le 4 octobre 1939, Beria promulgue un décret interdisant la libération sous aucun prétexte de plusieurs catégories de prisonniers polonais, dont les généraux, les officiers, les fonctionnaires de l’armée, les policiers, les juristes, les propriétaires… L’URSS dans la deuxième partie de la guerre fut-elle notre alliée ? Pas vraiment. Ou plus précisément par défaut, suite à l’invasion allemande, elle s’est trouvée dans les mêmes camps que les Polonais, les Français ou les Britanniques.
On estime que durant les cinq premières semaines de la seconde guerre mondiale, 66 000 Polonais sont morts, 130 000 sont blessés et surtout 660 000 sont fait prisonniers et vont croupir dans les camps Nazis et Soviétiques !