Il mène pendant le conflit mondial une intense campagne pour la cause polonaise aux Etats-Unis, mettant à profit, surtout dans les années 1915-1917, son autorité, sa célébrité et ses relations.
Le 30 mai 1915 à Chicago devant la statue de Kosciusko, Paderewski fait en anglais un discours remarquable devant 100 000 personnes pour beaucoup d’origine polonaise mais pas seulement en débutant par ces termes : « je ne suis pas venu pour donner un concert mais pour faire appel au cœur de la nation américaine au nom du Comité Général de Secours aux Victimes de Guerre en Pologne…».

Puis Paderewski va s’adresser à la communauté polonaise des USA et rencontrer Edward Mandell House un proche conseiller du président Woodrow Wilson qu’il va littéralement se convertir à la cause polonaise. Edward Mandell écrira : "Nous sommes devenus amis [avec le maestro] dès notre première rencontre, j'ai tout de suite su que j'étais en présence d'un grand homme avec qui ce sera un plaisir de travailler. Il a éveillé mon empathie pour la Pologne.
Les relations étroites qui se sont développées entre House et Paderewski ont eu pour effet d’aligner progressivement le président et le gouvernement des États-Unis sur la politique internationale représentée par Paderewski. Paderewski et Wilson se rencontreront à plusieurs reprises durant l’année 1917. Et, dans son discours au Congrès le 18 janvier 1918 sur le programme prévisionnel du traité de paix pour mettre fin à la Première Guerre Mondiale et reconstruire l’Europe Wilson ajoutera le point 13 qui stipule qu’« Un État polonais indépendant devrait être créé, qui inclurait les territoires habités par des populations indiscutablement polonaises, auxquelles on devrait assurer un libre accès à la mer, et dont l'indépendance politique et économique ainsi que l'intégrité territoriale devraient être garanties par un accord international. »
Après l’entrée en guerre des Etats Unis en 1917, le président Wilson autorise les Américains d’origine polonaise à s’enrôler dans cette Armée Bleue en création en France depuis juin 1917. Paderewski fera le tour des dizaines de communautés polonaises aux USA pour inciter les Polonais d’origine à s’engager pour une nouvelle indépendance de la Pologne. Une centaine de bureaux de recrutements vont se créer principalement dans le nord des USA.
Le 11 novembre 1918, la Pologne redevient un Etat indépendant. Riche d’un grand prestige international, peu suspecté de sympathies politiciennes, le musicien retourne en triomphateur dans sa patrie.
Ambassadeur à Washington en 1918, il s’efforce, devenu Chef du Gouvernement provisoire l’année suivante, de pacifier la scène politique à l’intérieur et défend les intérêts de son pays lors de la Conférence de la Paix à Versailles. Quand il prend ses fonctions de Chef du Gouvernement il déclarera : "Il ne devrait y avoir qu’un seul parti : la Pologne, et c’est elle que je vais servir jusqu’à ma mort”. Il s’y montre aussi soucieux de faire respecter les droits des minorités. En 1921, il quitte les affaires publiques pour reprendre sa carrière de pianiste. Si le concertiste a la satisfaction de voir son pays restauré sur le plan international, l’évolution de la vie des partis le laisse assez déçu.