Episode 5 L'amitié franco polonaise dans les arts plastiques

 

Amitie 4 1k jpegLes arts plastiques ont été l’un des plus beaux ponts entre nos deux nations : un pont de couleurs, de formes, de symboles, de regards. Un pont où les artistes n’ont jamais cessé de circuler dans les deux sens.

2019, La Pologne au Louvres Lens

Si vous n’avez pas eu l’occasion de visiter l’exposition « Peindre l’âme d’une nation » qui s’est tenue au Louvres Lens en 2019 et si vous n’avez pas le livre publié à cette occasion. Regardez cette vidéo Luc Pirolla, directeur adjoint du Louvres-Lens, explique en détail ce que fut cette magnifique exposition. En substance, cette magnifique exposition montre que lorsque l’Etat disparait, ce qui fut le cas pour la Pologne entre 1795 et 1918, les artistes reprennent le flambeau avec les armes qu’ils savent manier, pinceaux, arpèges, mots et créent une nouvelle Polonité à sauvegarder et à entretenir comme une braise précieuse dans l’attente d’une renaissance, d’une résurrection

Cette page WEB du Magazine Peinture est particulièrement intéressante car elle rassemble de nombreuses peintures et propose, pour chaque artiste, des liens clairs qui permettent d’en apprendre davantage sur chacun d'entre eux. C’est un véritable memento, un fil d’Ariane qui facilite la navigation parmi tous les peintres présentés au Louvre‑Lens lors de cette exposition en 2019.

 


Louvres lens

La Pologne immortelle ...

Les quatre-vingt pages de la revuel L’Art et es artistes, publiée en mars 1916, constituent une excellente porte d’entrée pour comprendre l’évolution de la peinture polonaise jusqu’au XIXᵉ siècle.

Cliquez sur l'image ci-contre pour acceder au texte integral de ce numéro spécial consacré à la Pologne.

Si les illustrations sont en noir et blanc, l’impression en couleur restant encore coûteuse à l’époque, les textes, eux, sont d’un grand intérêt. Ils sont rédigés par des spécialistes reconnus, parmi lesquels Jean Styka, peintre polonais majeur du début du XX°  installé en France et que nous retrouverons plus loin.

Ce numéro, entièrement consacré à la Pologne, offre un panorama précieux de l’art polonais vu depuis la France en pleine Première Guerre mondiale.

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Fin du XIX° siècle Paris seconde capitale des peintres polonais

Dès le XIXᵉ siècle, pour beaucoup d’artiste polonais, Paris devient une capitale spirituelle et la France un centre d'accueil et d'inspiration.
Ils y viennent pour apprendre, pour créer, pour respirer la liberté. Ils y trouvent des maîtres, des amis, des influences, mais aussi un espace où leur identité peut s’affirmer. L’École de Paris accueille des générations d’artistes polonais qui deviendront des figures majeures de l’art européen. et parmi eux: 

Un texte sur la peinture polonaise est disponible sur le site de la BNF : Les artistes polonais à Paris ainsi qu'une liste d'artistes : Peintres, graveurs, graphistes

Sur cette page de ArtExpertise:  Les peintres et sculpteurs d’origine polonaise installés en France à partir des années 1920 vous trouverez une autre liste d'artistes polonais avec leur cote.

Olga Boznańska

Olga Boznańska (1865 Cracovie-1940 Paris), l’une des plus grandes portraitistes de son temps, dont la sensibilité subtile et la lumière intérieure séduisent les cercles artistiques parisiens.

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Moïse Kisling

Moïse Kisling (1891 Cracovie-1953 Sanary sur mer) , figure emblématique de Montparnasse, dont la peinture mêle influences polonaises, juives et françaises dans une harmonie singulière.

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Pour continuer, une visite en vidéo pour découvrir quelques artistes polonais ayant travaillé en France

En sept vidéos, cette page de l'institut Polonais de Paris offre un véritable parcours initiatique à travers les peintres polonais qui ont marqué la France, un guide simple et riche pour explorer les œuvres et les trajectoires de :  

Dans ce qui précède, nous n’avons fait qu’effleurer la peinture polonaise d’avant 1900, et nous pourrions encore y consacrer des heures tant le sujet est vaste. Pour cette période, j’aimerais simplement évoquer deux figures qui me semblent essentielles : Jan Styka et Blanka Korab‑Mercere.

Jan Styka ou plutôt les Styka ...

Jan Styka ( Lwow- 1925 Rome) est un élève de Matejko.  La France n’est pas un simple épisode dans la vie de Jan Styka, c’est le cœur de sa maturité artistique, le lieu où il se fait connaître, expose, travaille, et où il peint certaines de ses œuvres majeures. Il y vit de 1880 à 1914. Paris devient son atelier, son marché, son réseau.

Son œuvre la plus célèbre, La Crucifixion, avec ses dimensions gigantesques 60 mètres par 40 mètres est probablement le plus grand tableau du monde. Il a été commandé et financé par Paderewski et il est aujourd’hui en exposition permanente dans cet auditorium de Californie.

Styka

Jan Styka n’est pas un artiste isolé : il fonde une véritable dynastie. Son fils Adam, formé à Paris, devient un peintre orientaliste de premier plan, tandis que Tadé, l’aîné, s’impose comme portraitiste mondain. La famille Styka incarne l’une des plus belles réussites artistiques de la diaspora polonaise en France. Adam Styka a été un volontaire dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale.

 

Blanka Korab‑Mercere, une vie de création entre exil, guerre et renaissance

Blanka Korab‑Mercere (1883‑1937) est une peintre polonaise formée à Varsovie, Cracovie et Paris où elle émigre en 1908.  Durant la Grande Guerre, elle travaille dans la fonction publique française et réalise des dessins publiés dans la presse, notamment : scènes de guerre, volontaires polonais, villages détruits...  Figure importante de la Polonia parisienne, elle contribue activement à la promotion de l’amitié franco‑polonaise par son art et son engagement social. Ci-dessous avec sa mère dans son atelier parisien.

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Elle collabore également avec l’Imagerie d’Épinal, pour laquelle elle crée des illustrations patriotiques, dont l’une des estampes les plus célèbres consacrées aux volontaires polonais. C’est une figure majeure de la promotion de l’amitié France/Pologne dans les milieux parisiens. Au début des années vingt elle retourne en Pologne et elle crée une école des beaux arts à Varsovie. Elle est aujourd’hui reconnue comme une figure importante de l’art polonais en France au début du XXᵉ siècle.

Au début des années 1920, elle retourne en Pologne, où elle participe à la création d’une école des beaux‑arts à Varsovie. Aujourd’hui, elle est reconnue comme l’une des personnalités majeures de l’art polonais ayant œuvré en France au début du XXᵉ siècle.

Notre Polonia et les arts plastiques

Fils et petit‑fils de mineurs polonais arrivés en 1923, je serais bien ingrat si je ne vous parlais pas de ces artistes issus de cette diaspora dite économique, celle des années 20-30. Ils n’ont pas été oubliés, non… mais souvent "minimalisés,";  je ne sais pas si ce mot existe, mais il dit exactement ce qu’il doit dire. On les a vus comme des bras, rarement comme des esprits.

Oui, ces hommes et ces femmes venus travailler dans les mines, les usines ou les champs ont fait leur job, et même parfois plus que leur job. Beaucoup y ont laissé leur santé voire leur vie.

Pour beaucoup, les ouvriers polonais étaient avant tout des bosseurs, pas des intellectuels, encore moins des artistes, des musiciens ou des créateurs.

La Polonia française d’aujourd’hui porte en elle une mémoire artistique singulière, née de l’exil, du travail, de la fraternité et de la transmission. Si l’on connaît bien les mineurs, les ouvriers, les militants, on oublie parfois que certains d’entre eux furent aussi des peintres, des créateurs discrets, souvent autodidactes, qui ont transformé leur vie quotidienne en matière artistique.

Dans les cités minières ou industrielles du nord au sud, de l'est à l'ouest de la France, on retrouve cette étonnante vitalité culturelle. Après la journée au fond du puits ou dans les champs, ils prenaient le pinceau comme d’autres prennent la parole, pour raconter, pour se souvenir, pour exister. Leurs œuvres, souvent modestes en apparence, sont devenues des fragments précieux de la mémoire ouvrière et polonaise en France.

Aujourd’hui encore, la Polonia continue de faire vivre cet héritage. Des artistes professionnels, des amateurs passionnés, des associations culturelles et des descendants de ces ouvriers perpétuent une tradition où la peinture n’est pas seulement un art, mais un lieu de transmission, un pont entre les générations, un dialogue entre la France et la Pologne.

Cette histoire, à la fois intime et collective, mérite d’être racontée : elle dit la dignité d’un peuple venu travailler, mais aussi créer, rêver et embellir le monde.

Nous en découvrirons quelques uns, hélas pas tous. Le sujet est tellement vaste et ne peut pas être traité dans sa totalité ici.

La peinture "mineur"

Non, il n'y a pas de faute d'orthographe dans le titre de ce chapitre. Nous n'allons pas parler de peinture mineure avec un e, peinture de second plan, de catégorie mineure.

Ce chapitre est consacré aux peintures réalisées par des mineurs, ces ouvriers du charbon qui ont aussi pour passion la peinture.

Commençons avec cette vidéo de 1962 qui présente une exposition montée à Douai autour des mineurs peintres : Peintres mineurs, un loisir une passion . A la minute 1'37 monsieur Guluch, mineur et peintre d'origine polonaise explique sa passion pour la peinture. Notez son accent à la fois polonais et Ch'ti. 

Après ces sommités artistiques polonaises en France voici deux enfants de la diaspora économique polonaise qui méritent aussi de figurer sur la scène de cette première journée de l’amitié Franco Polonaise.

Raymond Juskowiak : un peintre du Nord, héritier de la mémoire ouvrière

Raymond Juskowiak dit “Jusko” est un peintre français né en 1928 à Montigny‑en‑Ostrevent, dans le Nord, au cœur d’une famille d’origine polonaise. Très tôt, le dessin devient pour lui un refuge et un langage. Ouvrier dans sa jeunesse, il suit des cours du soir aux Beaux‑Arts de Douai avant d’intégrer l’École des Beaux‑Arts de Paris.

À partir des années 1950, il s’impose dans les grands salons parisiens, Salon de la Jeune Peinture, Salon d’Automne, Indépendants, où il défend une figuration expressive, chaleureuse et profondément humaine. Sa peinture mêle fauvisme et expressionnisme, avec des couleurs vives et une matière généreuse, au service des visages humbles, des scènes de la vie quotidienne et des paysages du Nord.

Il est aussi connu pour avoir réalisé la maquette du timbre-poste émis en 1973 pour la commémoration du cinquantenaire de l’arrivée massive des ouvriers polonais après la signature de la convention d’émigration immigration entre la France et la Pologne le 3septembre 1919. 

Professeur de dessin, il a marqué plusieurs générations d’élèves. Il s’éteint en 2008, laissant une œuvre sincère, enracinée dans la dignité ouvrière et la lumière du pays minier.

Cette aquarelle signée Jusko, de la collection privée d'Henri Dudzinski, représente une scène de la vie de la Polonia de Calonne Liévin. Elle se déroule le lundi de Paques, jour où on  s'arroseAu centre vous reconnaitrez Raymond Juskowiak répondant aux assauts hydriques d'une demoiselle des corons de Calonne Liévin.

 

Dyngus

Voici Le richissime site charpenté par Jean Claude Juskowiak où vous trouverez de nombreuses autres informations, extraits de presse , etc ... et oeuvres de Raymond Juskowiak.

 

Henri Wojcik, le peintre qui respire la musique et l'humanitaire

Henri Wojcik, né en 1945 à Brassac‑les‑Mines dans le Puy de Dôme, est un peintre contemporain français d’origine polonaise dont l’œuvre explose de rythme, de mouvement et de joie. Issu d’un milieu ouvrier marqué par l’immigration polonaise, il transforme cet héritage en une énergie picturale vibrante. Ses toiles, souvent de très grands formats, débordent de jazz, de fêtes populaires, de scènes urbaines animées, de musiciens, de danses, de marchés créoles, de cirques et de foules en mouvement.

Dans cette vidéo le peintre se présente et explique son travail.

Autodidacte, il a construit une œuvre immédiatement reconnaissable : couleurs vives, gestuelle ample, composition foisonnante, comme si chaque tableau était une scène vivante où la musique et la lumière débordent du cadre. Artiste professionnel, exposé dans de nombreux salons, il poursuit une démarche généreuse, notamment en mettant son talent au service d’actions humanitaires.

Henri Wojcik, c’est la peinture comme fête, comme pulsation, comme célébration de la vie. 

Wojcik

Cliquez sur l'image ci-dessus pour découvrir, l'homme et son oeuvre. Un régal. J'aime beaucoup son invitation à prendre contact avec lui!

Avant d’être un peintre flamboyant, Henri Wojcik est un musicien de cœur, un clarinettiste de jazz qui a longtemps joué dans des orchestres et des formations régionales. La musique n’est pas un simple décor dans sa vie : elle est sa première langue, celle qui structure son geste, son rythme, sa manière de composer une toile.

Son parcours musical l’a amené à collaborer avec plusieurs artistes, dont Julien Clerc, pour qui il a participé à des projets scéniques et graphiques. Cette proximité avec le monde du spectacle nourrit son univers pictural : on y retrouve l’énergie des concerts, la chaleur des big bands, les corps en mouvement, les foules vibrantes.

Wojcik peint comme un musicien improvise avec souffle, avec swing, avec une générosité qui déborde du cadre.

Et fidèle à cette dimension humaine, il met aussi son talent au service des autres : il est le fondateur de l’association M.O.M – Mômes Orphelins du Monde, engagée auprès des orphelinats d’Haïti, où il a souvent joué et peint pour soutenir les enfants.

Le "Styka" moderne habite dans le Grand Est ...

Plus haut dans cet épisode je vous ai parlé de l'oeuvre monumentale réalisée au début du siècle par Jan Styka et exposé en fond de scène dans un auditorium de Californie.

Eh bien ! le record est battu. La ville d'Algrange en Moselle peut s'enorgueillir d'avoir la plus grande fresque honorant le monde ouvrier. 120 mètres de long et 130 personnage ! Imaginez l'oeuvre et le travail ! Bravo Greg Gawra. 

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Crédit Photo Philippe NEU / Républicain Lorrain 

Greg Gawra n’est pas Polonais mais Ukrainien  : un artiste slave dont la culture et la sensibilité le rapprochent naturellement de l’univers polonais. Cliquez sur l’image ci‑dessous pour découvrir son parcours et une œuvre véritablement monumentale.

Son travail ne se limite pas au Grand Est. Plusieurs de ses fresques ornent aussi des bâtiments des Hauts‑de‑France, notamment à Harnes, où son style reconnaissable mêle mémoire ouvrière, humanité et monumentalité. A découvrir en cliquant sur la photo ci-dessous.

Greg gawra chez lui

 

Jusko, Wojcik, Gawra et les autres ?

Jusko, Wojcik, Gawra,  trois fils du peuple, trois fils de la diaspora polonaise et ukrainienne, trois héritiers de la mémoire ouvrière et polonaise.

Et les autres me direz vous ?

Eh bien ! Je pourrais écrire encore de nombreux chapitres dans cet épisode. Mais laissez moi vous présenter encore deux amis Hania et Jacek.

Hania Raczak: Peindre la mémoire et la lumière

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Cliquez sur la photo ci-dessus pour découvrir le travail d'Hania Raczak 

Hania Raczak avec Paweł Edward Brzeziński, directeur de la galerie Madame Chromatique à Lódż où elle a exposé. Lien pour visiter la galerie. 

Hania Raczak est une artiste franco‑polonaise dont la peinture mêle douceur, émotion et profondeur. Formée aux arts plastiques, elle développe depuis des années un univers très personnel où se rencontrent aquarelles lumineuses, huiles sensibles et compositions textiles. Sa palette est reconnaissable entre toutes : des couleurs vibrantes mais jamais agressives, un geste délicat, une attention aux visages, aux gestes simples, aux paysages intérieurs.

Son travail puise dans la mémoire familiale polonaise, dans les récits transmis, dans les traces laissées par l’exil et les voyages. Chaque tableau est une petite histoire, un fragment de vie, une scène qui invite à la contemplation. Hania peint comme on raconte : avec tendresse, précision et humanité.

Artiste généreuse, elle partage volontiers son univers à travers expositions, ateliers et livres illustrés. Sa peinture est à son image : ouverte, chaleureuse, profondément humaine.

Jacek Rewerski :peindre l'héritage et la transmission

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Cliquez sur la photo ci dessus pour découvrir son oeuvre.

Né à Sopot près de Gdansk en Pologne, il arrive en France avec ses parents en 1972. 

Jacek Rewerski appartient à cette génération d’artistes qui ont fait de la mémoire un espace de création. Fils de deux peintres formés à l’École des Beaux‑Arts de Sopot, il hérite d’une tradition picturale née dans la Villa Berger, haut lieu du mouvement kapiste, ce courant polonais inspiré du post‑impressionnisme parisien des années vingt. Chez les Rewerski, la peinture était un langage quotidien, une manière de penser le monde par la lumière et la couleur.

Dans son œuvre, Jacek prolonge cette filiation avec une sensibilité contemporaine : il peint pour raconter la Pologne de la mémoire et de l’exil, pour relier les visages et les paysages de deux patries. Sa palette, souvent douce et méditative, traduit une recherche d’équilibre entre la rigueur de l’historien et la liberté du peintre.

Illustrateur de son propre livre Anna, une histoire polonaise, il y mêle texte et images dans une même respiration : chaque dessin devient une trace, chaque croquis une émotion. Chez lui, la peinture n’est pas un décor, mais une mémoire vivante, un pont entre les générations et les cultures. Anna est une jeune juive dont l'histoire est à découvrir dans ce livre.

Sur cette vidéo réalisé à Angers lors de l'exposition " Anna une histoire polonaise" vous découvrirez bon nombre des dessins qui illustrent le livre. A découvrir.

Mise au point salutaire, quitte à déranger un plumitif

En plus de la revue de 1916 présentée au début de cet épisode, je ne vous propose qu'une seul référence bibliographique : « Conversations provençales » : les peintres polonais en France méditerranéenne de 1909 à nos jours. Étude sur les influences et les échanges artistiques. Mais cette liste aurait pu être beaucoup plus longue, comme un jour sans pain... 

Depuis le vendredi 17 avril 2026, date de parution du premier épisode du feuilleton Amitié France‑Pologne, plusieurs d’entre vous m’ont interpellé ,  souvent avec bienveillance, pour me signaler qu’il manquait tel résistant d’origine polonaise en Auvergne, ou tel scientifique montpelliérain, etc.

Je comprends ces remarques : elles sont légitimes et, surtout, constructives. D’autres, moins courtois, ont préféré s’en prendre à moi et à certains membres de ma liste de diffusion, évoquant un prétendu « obscurantisme polonais ». Est‑ce juste ? Est‑ce le lieu pour le dire ? J’en doute.

Je prends cela comme un pétard mouillé : un geste de sabotage mémoriel qui, croyant faire grand bruit, n’a produit qu’un petit pschitt. Pauvre Kam'rade !

J’avais pris soin, dès la présentation du programme il y a deux  semaines, de préciser que ce feuilleton comporterait nécessairement des lacunes. Pour traiter un sujet aussi vaste, il m’a fallu faire des choix ;  et je les assume pleinement. Oui, il y a des manques, des oublis : c’était inévitable.

Je suis reconnaissant pour les remarques constructives reçues, mais je ne peux passer sous silence la phrase de Jacques Kmieciak, qui dépasse la critique pour frôler la calomnie : « ...Elle ne semble pas émouvoir les bien‑pensants de notre Polonia, du propagandiste russophobe René Zalisz… » (sic)

De quel droit un historien, journaliste et militant et tête pensante de l'association des amis d'Edward Gierek peut‑il asséner de telles contre‑vérités ? Mais ça le connait !

Russophobe ?

Je me permets de rappeler à monsieur Kmieciak que, durant ma carrière professionnelle dans le milieu de la recherche scientifique, j’ai collaboré avec de nombreux collègues soviétiques (beaucoup communistes par obligation !). Parmi eux il y avait le professeur Rakim Kaitov de l’Institut Chemiakin‑Ovchinnikov (un équivalent de l’Institut Pasteur à Moscou), ainsi qu’avec le professeur Valentin Vlassov de Vladivostok, pour qui j’ai contribué à financer la thèse d’un étudiant. Ces faits parlent d’eux‑mêmes. Russophobe ! Et pourtant c'était durant la période soviètique de la Russie !

Je ne vous parle pas des liens que j'ai lié dès 1974 avec des biochimistes et immunologistes polonais, eux aussi ''communistes par obligation''. Oui et ne vous en déplaise, cher towarycz, moi le russophobe j'ai aussi collaboré avec des Soviets. !!! et je continue à correspondre avec certains d'entre eux.

Pour reprendre les mots de votre sparing partner politique, le "Pr Dr Hab". Bruno Dwerski : « Visiblement, M. Kmieciak, vous ne connaissez rien de moi. ». Et c’est grave, car vous êtes journaliste et moi non. Si mes souvenirs sont bons, dans votre métier, les trois règles cardinales sont :

  • Un : vérifier.
  • Deux : vérifier.
  • Trois : vérifier avant d’écrire et de publier.

Apparemment, cette éthique vous échappe quand vous écrivez sur René Zalisz. Passe‑droit de nostalgique du NKVD ou privilège d’un Mercure du Politburo, prompt à livrer la parole sans la peser ? Faites gaffe, quand même : le ridicule, lui, ne bénéficie d’aucune immunité.

Que faire de constructif pour remèdier à toutes ces critiques ?

Je suis disposé à corriger ensemble ces lacunes. J’accepte volontiers toutes les critiques,  même les plus basses, et j’invite leurs auteurs, courtois ou non, à rédiger une ou deux pages sur les sujets qu’ils jugent manquants.

Vous avez un an pour le faire ; nous pourrions présenter ces contributions le 20 avril 2027, lors de la prochaine célébration de l’amitié France‑Pologne.

Qu’en pensez‑vous ? Imaginez qu’une trentaine de membres de notre Polonia, ou davantage, se prêtent à l’exercice : cela ferait au minimum soixante pages supplémentaires à offrir aux lecteurs de ce feuilleton.

Quelle aubaine pour les lecteurs futurs !

Dans l’épisode 10, consacré à la conclusion de ces célébrations, nous reviendrons sur ce qu’il conviendra de préparer pour l’année prochaine.

Ce feuilleton est un banc d’essai, à améliorer, à enrichir, mais il restera fidèle à son esprit : rassembler plutôt que diviser.

P.S. Petite question à M. Kmieciak : Avez‑vous seulement remarqué que je ne vous ai pas « blacklisté » dans la rédaction de ce feuilleton ? Bien au contraire : vous figurez dans l’épisode 7, Littérature et Presse, où apparaissez à deux reprises, sans invective ni bassesse. Je me demande, pour ma part, si vous auriez eu la même élégance en retour.

Rendez vous demain pour l'épisode 6 la musique ...

 

ZEDER (Zalisz René), saint Gervais 21 avril 2026.

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Date de dernière mise à jour : Tuesday, 21 April 2026