Ce que je retiens de Lensois ce sont ses yeux pétillants associés à un sourire permanant empreint d’une certaine malice. Comme déjà signalé plus haut, derrière sa bonne humeur communicative se cachait un humaniste plutôt discret.

Petite anecdote personnelle concernant Lensois. C’était le 6 décembre j’en suis certain, mais de quelle année ? 1959 ou peut-être 1960. Peut-être même les deux.
Comme chaque année à l’internat, Pani Kasia préparait un repas du soir un petit peu amélioré. Le soir de la saint Nicolas, en plus de la soupe et des pâtes, nous avions droit à un demi œuf dur et de la charcuterie. Je rassure mes amis médecins casimiriens que ce n’est la fine tranche de saucisson jambon (szynkowa) de 1,3 à 1,6 cm et le tronçon de 2,5 à 3,2 cm de metka servis ce soir-là qui sont à l’origine de mon taux de triglycérides soit disant excessif et de la valeur élevée de mon mauvais cholestérol.
Après le diner nous attendions la visite de saint Nicolas en personne accompagné de son vicaire/secrétaire et de deux diables. Souvenez-vous, quand nous étions invités à quitter la table pour rejoindre saint Nicolas qui trônait dans un joli Voltaire à côté de la table des pères Oblats, il y avait deux options :
- C’était, pour recevoir les félicitations de saint Nicolas accompagnées de quelques friandises,
- ou bien il s’agissait d’entendre les réprimandes lues par son vicaire puis de gouter aux caresses des fouets dont étaient équipés les petits diables.
Pour entrés dans les habits noirs de diable réalisés et cousus par le Brat Krawiec (Brat Leon) il fallait être svelte, pas très grand mais solide et sportif, pour pouvoir courir et sauter sur les tables. C’était le cas de Stasiu Adamski et de Stéphane Jakobiak. Personnellement c’est toujours pour la seconde raison que j’étais convoqué auprès de saint Nicolas et j’ai toujours essayé de me faire raccompagner à ma place par Lensois, Stéphane Jakobiak. Alors que Stasiu prenait sa tâche plutôt au sérieux (la pointe du fouet ratait rarement sa cible), Lensois feignait le Diable furieux mais il savait faire claquer son fouet à quelques millimètres de nos petites fesses innocentes leur épargnant ainsi des caresses parfois brulantes.
Si quelqu’un a un souvenir concernant Lensois, merci de le faire savoir, nous pourrons ajouter cette anecdote dans les colonnes de notre journal.